‹ ŒuvresChapitre 121 sur 136 · GRAND-AUMÔNIER DE FBANGE · texte numérisé non relu

GRAND-AUMÔNIER DE FBANGE

MONSEIGNEUB,

Fotre Mtesse éminentissime ne refusera pas sa protection au poème que je lui dédie : tout ce qui porte le caractère de piété est auprès de vous dune recommandation trop puissante. C'est pour moi un juste siget despérer dans [occasion qui s'offre au-jourd'hui : mais, si fose dire la vérité, mes souhaits ne se bortfient point à cet avantage ; je voudrois que cette idylle, outre la sainteté du sujet, ne vous parût pas entièrement dénuée de^ beautés de4a poésie. Fous ne les dédaignez pas ces beautés divines, et les grâces de cette langue que parloit le peuple prophète. La

' H étoit duc d*Albret, et beau-fr^e de la duchesse de BouUIod. Voyez sur ce qui le concerne notre Histoire de la vie et de$ ouvrages de La Fontaine,

2gi ÉPITRÉ.

lecture des livres saints vous en a appris les principaux traits. Cest là que la sagesse divine rend ses oracles avec plus d'élévation y plus de majesté y et plus de force y que nen ont les Virgile et les Homère. Je ne veux pas dire que ces derniers vous soient inconnus: ignorezrvous rien de ce qui mérite d'être su par une personne de votre rang? Le Painasse na point d^endroits oh vous soyez capable de vous égarer. Certes y Monseigneur, il est glorieux pour vous de pouvoir ainsi démêler les diverses routes dune contrée oii vous vous êtes arrêté si peu. Que si votre goût peut donner le prix aux beautés de la poésie y il le peut bien mieux donner à celles de [éloquence. Je vous ai entendu juger de nos orateurs avec un discernement qu'on ne peut assez admirer; tout cela sans autre secours que celui d'une bienheureuse naissance, et par des talents que vous ne tenez ni des précepteurs ni des livres. Cest aux lumières néeÈ avec vous que vous êtes redevable de ces progrès dont tout le monde s est étonné. Ce qui consume la vie de plusieurs vieillards enchaînés aux livres dès leur enfance y la jeunesse d'un prince l'a fait; et nous [avons vu y et la renommée ta publié. Elle a joint au bruit de votre savoir celui de ces mceurs si pures, et d'une sagesse qui est la fille du temps chez les autres, et qui le devance chez vous. Un mérite si singulier a été universellement reconnu,. Celui qui dispense les trésors du ciely et le monarque qui par ses armes victorieuses s'est rendu (arbitre de CEu-

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