‹ ŒuvresChapitre 5 sur 136 · SUR LA FABLE. DE PSYCHÉ · texte numérisé non relu

SUR LA FABLE. DE PSYCHÉ

étoient initiées, et qui ëtoient destinée, à être représeoté^ devant elles sous la forme d'un drame symbolique y afin de leur rappeler les dangers qui assiègent la beaiHé, et de leur inculquer les devoirs^que la femme mariée doit accomplir au milieu des épreuves et des difficultés de tout genre. Les ouvrages du ciseau ou du burin antique qui en retracent quelques circonstances avoient été, selon notre auteur, exécutés pour ces mystérieuses cérémonies , et pouvoient d'ailleurs être mis sans danger sous les yeux des profanes, puisqu'ils ne pouvoient ttonner qu'une connoissance partielle , et par-là même insuffisante , du mythe secret ; d'ailleurs ils n'en révéloient pas le sens allégorique.

Le même savant a comparé la fable de Psyché , telle qu'elle est écrite dans Apulée, avec tous les monuments de l'art qui en représentent quelques circonstances, et il a re* marqué qu'on ne trouve pas un seul de ces monuments' qui ait trait aux sœurs ou aux parents de Psyché , ni aux supplications que celle-ci adresse après son malheiur à Gérés et à Junon, ni enfin à la maladie que la brûl^re de la lampe a causée à Cupidon ; et comme ces événements tiennent une grande place dans le roman d'Apulée, notre savant en conclut qu'ils sont de son invention, et que primitivement cette fable mythologique et morale étoit beaucoup plus simple*

Quoi qu'il en soit de ces conjectures, qui sont ai^ moins très ingénieuses , il est certain qu'Apulée s'est mis peu en peine de donner k son récit un air d'antiquité, et qu'au contraire il a modifié une fable fort ancienne, pour l'assortir aux goûts et aux idé^ de son siècle , tellement , qu'il n'a pas craint de mettre dans la bouche de Jupitei: la citation de la loi Julia, rendue par. Auguste contre les adultères.

La Fontaine a pris encore plus de liberté à cet égard.

lo NOTICE SUR LA FABLE DE PSYCHÉ.

Ainsi qu'il le dit dafis sa préface , id a puisé le sujet de B&n ronuaii dans le récit d'Apulée ; mais il a modifié ce récit k son gzié; il^ ajouté ce qui lui parôissoit nécessaire, et retranché tout ce qui n-étoit pas de son goût. Dans son ouvrage , ce sont quatre amis qui se rendent à Versaîlies pour voir ces sofperbes jardins et oes magnifiques palais ^ nouvelles merveilles du nouveau régne. Un d'entre eux^ pour varier les amusements de ses trois amis, et aussi pour constater leur goût et profiter de leurs critiques , feit la leétoire de Ce qu'il a écrit sur les aventures de Psyché. Sa narration est souvent interrompue par la descrip* tion des beaux lieux que les quatre amis ont occasion de contempler, par les discussions littéraires auxqueUesils ^'abandonnent, et par les réflexions ou les observations que chacun d'eux se plait à faire. Ces entretiens , souvent badins , et quelquefois sérieux et moraux , produisexit des divagations et des longueurs ^ mais il en résulte un avan** tage , c'est de faire oublier Fauteur et le livre. Tel est le charme de là prose naïve et élégante de La Fontaine, qu'on croit être présent à la conversation de qudques hommes choisis et distingués par leur esprit, qui, unis par les mêmes penchants , jouissent avec effusiosi du plaisir de se trouver ensemble ; qui , tout en se promenant et s'asseyant sous de beaux ombrages , et près, de limpides ruisseaux, lisent, écoutent, causent, dissertent ou rédtent des vers. A la vérité ces vers ne sont pas toujours excellents ; mais il en est qui sont au nombre des meilleurs échappés à la muse de La Fontaine; et plusieurs n'ont paru longs et obscurs, que parcequ'ils décrivent des objets qui n'existent plus. C'est principalement à bien éclaircîr ceux-ci que nous nous sommes attachés dans cette édition , et nous espérons ne l'avoir pas tenté sans succès.

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