‹ ŒuvresChapitre 58 sur 136 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Elles poassent son char par l^urs mains préparé, Et disent que le Somme en sa grotte est rentré. Cette figure à pans d'une place est suivie '. Mainte allée en étoile, à son centre aboutie, Mène aux extrémités de ce vaste pourpris. De tant d'objets divers les regards sont surpris. Par sentiers alignés l'œil va de part et d'autre: Tout chemin est allée au royaume du Nostre^ V Muses y n'oublions pas à parler du canal.

Cherchons des mots choisis pour peindre son cristal. Qu'il soit pur, transparent; que cette onde argentée Loge en son moite sein la blanche Galatée.

Jamais on n'a trouvé ses rives sans zéphyrs : Flore s'y rafraîchit au vent de leurs soupirs.

' Dans le bassin d'Apollon on voit aujourd'hui ce diea représenté en bronze, tiré par quatre coursiers, et environné de tritons, de baleines, et de dauphins. Quoique ce bassin ait été refait en partie en 1787 et en 1738, cependant dès l'an 1674 ce groupe figuroit les mêmes choses, ainsi que le prouve la Descnp~ tion sommaire du château de Versailles par FeHbien, Paris, 16749 in-i2, p. 86. Il paroit que lorsque La Fontaine écrivoil , c'est-àdire cinq ou six ans avant la publication de l'ouvrage de Felibien, Ce groupe étoit tout différent, puisque notre auteur ne parle ni de tritons, ni de baleines, ni de dauphins, mais de Téthys et des Heures qui poussent le char du dieu.

' André Le Nostre, contrôleur-général des bâtiments du roi, arts et manufactures de France, et chevalier de Saint-Michel, étoit j|é à Paris ^ en 16 i 3, d'un père qui étoit chaigé du soin du jardin des Tuileries. André Le Nostre avoit environ quarante ans lorsque Fouquet lui donna occasion de développer son génie pour les jardins d'apparat dans la construction de ceux de Vaux-le-Vicomte. Louis XIV, qui distingua son mérite, le fit travailler à Versailles, à Saint-Germain, à Trianon, à Clugny, à Marly. Il vécut jusqu'à l'âge de quatre-vingt-sept ans, étant mort au mois de septembre de l'an 1700.

Les nymphes d'alentour souvent dans les nuits sombres S'y vont baigner en troupe à la faveur des ombres. Les lieux que j'ai dépeints, le canal^ le rond^'eau, Parterre d'un dessin agréable et nouveau, Amphithéâtres , jets ^ tous au palais répondent , Sans que de tatit d'objeis ks beautés se cchifondent. Heureux ceu^ de qui Tart^Sa i^es ^traits Invefiftési On ne eonnôissoit point autrefois ces beautés/ Tous parcs étoieiît vergfers du temps de nos lancétres; Tous vergers sont faits parcs: le savoir de ces maitrés Changé en jardins royaux ceux des simples boûygeèis, Comme en jardins des dieux il changé ceux dfes rois. Que ce qu'ils ont plaiité dure mille atis èricorë! Tant qu'on aura des yeux, tantqiibn cfaérii^a Flore, Les nymphes des jardins loueront incessamment Cet art qui les savoit loger si richement. .

Polyphileet ensuite ses trois amis prirent là-dessus occasion de parler de Fintelliçence qui est lame de ces merveilles, et qui fait agir tant de mains: savantes pour la satisfaction du monarque. Je ne rapporterai point les louanges qu on lui donna ; elles fiirént grandes, et par conséquent ne lui plairoient pas. Les qualité3 sur lesquelles nos quatre amis s'étendirent furent sa fidélité et son zélé. On remarqua que c'est un gétile'qùi s'applique à tout, et ne se relâche jamais. Ses priiicipaux soins sont de travailler pour la glpire de son maître ; mais il ne croit pas que le reste soit indigne de l'occuper. Rien de ce qui regarde Jupiter n'est au-dessous des ministres de sa puissance.

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