ACTE 1, SCENE V
COITIER.
Voilà les souverains.
COMMINE.
Ton enjoûment naïf amuse ses chagrins ,
Et le corps souffre moins quand l'espriL est tranquille.
Il est seul clans la tour où sa terreUr l'exile;
La dame de Beaujeu n'est plus auprès de lui.
COITIER.
Elle eût mieux supporté le poids de son ennui ,
Si Louis d'Orléans, chevalier plus fidèle,
Eût voulu l'alléger en s'enchaînant près d'elle.
COMMINE.
Que dites-vous, Coitier?
COITIER.
Mais ce qu'on dit partout, Commine.
COMMINE.
Je l'ignore.
COITIER.
Ah! vous ignorez tout.
(A Mario.)
Eh bien! vous l'avez vu ce pieux solitaire! François de Paule arrive; et chaque monastère, Chaque hameau voisin , qui le fête à son tour. Fait résonner pour lui les cloches d'alentour. A grand'peine arraché de sa retraite obscure,
Lui seul peut rétablir, du moins Rome l'assure, La royale santé que nous, pauvres humains, Nous voyons par lambeaux s'échapper de nos mains. Qu'il fasse mieux que nous, ce médecin de l'ame; C'est mon maître, et pour tel rna bouche le proclame. S'il ranime un fantôme, et si de ce vieux corps Son art miraculeux raffermit les ressorts.
MARIE
Osez- vous en douter? Le bruit de ses merveilles
Est-il comme un vain son perdu pour vos oreilles?
Un vieillard, qu'à Fondi le saint avait touché,
Vit refleurir les chairs de son bras desséché.
Il rencontra dans Rome une femme insensée ,
Et chassa le démon qui troublait sa pensée.
Il veut, et pour l'aveugîe un nouveau jour a lui ,
Le muet lui répond, l infirme court vers lui;
Et s'il parle aux tombeaux, ils s'ouvrent pour nous rendre
Les morts qu'il ressuscite en soufflant sur leur cendre.
COITIER.
Je vous crois.
MARIE
Et pourtant que de simplicité i Le saint n'empruntait pas sa douce majesté Au sceptre pastoral dont la magnificence Des princes du conclave atteste la puissance , A la mitre éclatante, aux ornemens pieux