ACTE 1, SCENE V. uS
Que le nonce de Rome étale à tous les yeux. Point de robe à longs plis dont la pourpre chrétieime Réclame le secours d'un bras qui la soutienne. Pauvre, et pour crosse d'or un rameau dans lesmains, Pour robe un lin grossier traînant sur les cbemins, C'est lui, plus bnmble encor qu'au fond de sa retraite.
COITIER.
Et que disait tout bas cet bumble anachorète, En voyant la litière où le faste des cours Prodiguait sa mollesse au vieux prélat de Tours , Et ce cheval de prix, dont l'amble doux et sage Pour monseigneur de Vienne abrégeait le voyage?
MARIE
Tous les deux descendus marchaient à ses cotés ; Le dauphin le guidait vers ces murs redoutés. Puis venaient en chantant les pasteurs des villages; Les seigneurs suzerains, appuyés sur leurs pages. Les rênes dans les mains, devançaient leurs coursiers. J'ai vu les écussons de nos preux chevaliers , J'ai vu les voiles blancs des jeunes cliatelaines, Confondre leurs couleurs sur les monts, dans les plaines. La croix étincelait aux rayons d'un ciel pur; Des bannières du roi l'or, les lis et l'azur. Que paraient de nos bois les dépouilles fleuries, Courbaient autour du saint leurs nobles armoiries. Des enfans devant lui faisaient fumer l'encens;
Le peuple s'inclinait sous ses bras bénissans. Ainsi des murs d'Amboise au pied de ces tourelles Il traînait sur ses pas la foule des fidèles. Long-temps j'ai contemplé cet imposant tableau... Et quand le cliemin tourne au penchant du coteau, Reprenant avec Berthe un sentier qui l'abrège , J'ai sur mon palefroi devancé le cortège.
COMMINE.
Viens donc, viens faire au roi ce récit qu'il attend.
MARIE , à Cominine.
Un mot , mon père !
COITIER.
Adieu : j'y cours en vous quittant.
COMMINE.
C'est prendre trop de soin.
COITIER.
Le maître s'inquiète; Il est là, sur le seuil de la porte secrète Qui s'ouvre dans sa tour pour lui seul et pour moi, Et depuis trop long-temps se souvient qu'il est roi.
COMMINE.
Il apprendra de vous ce qu'il eût su par elle.
COITIER.
J'entends. . . Si quelques dons récompensaient mon zèle, Votre fille aurait part , Commine , à ses bontés.