ACTE IV, SCENE VIII
« souffrez pas que pour mes péchés je meure à « honte et à confusion , et qu'ils vivent en dcshoii- « neur et à quérir leur pain. Pour Dieu , sire , ayez « pitié de moi et de mes pauvres enfans! »
Réponds-lui :
Qu'as-tu fait pour ses fils?
LOUIS
Sur l'honneur je m'engage A te livrer Tristan dont vos maux sont l'ouvrage.
NEMOURS , lisant.
« Ecrit en la cage de la Bastille le dernier de « janvier. »
Et lorsqu'il en sortit...
LOUIS
Oh ! ne t'en souviens pas !
NEMOURS
Le puis-je? vois toi-même.
LOUIS, égaré.
OÙ donc, Nemours?
NEMOURS, lui monlrant la lettre avec la pointe du poignard.
Plus bas ; Lis cette fois.
LOUIS, lisant.
« Votre pauvre Jacques d'Armagnac (1). »
(i) Dernière leUie de Jacques d'Armagnac, duc de Nemours, à Louis XI.
NEMOURS
Le nom de ton ami d'enfance, Et là... son sang!
LOUIS
Nemours , tu pleures.
NEMOURS
Ma vengeance Te vendra cher ces pleurs,
LOUIS
Grand Dieu, c'en est donc fait?
NEMOURS
Pour que le châtiment soit égal au forfait,
Par quel supplice affreux peut-elle être assouvie?
LOUIS , se tramant à ses pieds.
Grâce !
11 n'en est qu'un seul.
LOUIS, qui se renverse frappé de terreur.
C'est ma mort !
NEMOURS , après a\oir levé le poignard qu'il jette loin de lui.
C'est ta vie !
Qui? moi, t'en délivrer! je t'ai vu trop souffrir. Achève donc de vivre, ou plutôt de mourir. Meurs encor : meurs long-temps, pour que tes artifices, Pour que tes cruautés t'amassent des supplices; Pour qu'à tes tristes jours chaque jour ajoute