‹ [Œuvres] (volume 2)Chapitre 125 sur 224 · LES PRÉCÉDENS, TRISTAN · texte numérisé non relu

LES PRÉCÉDENS, TRISTAN

TRISTAN

L'ordre est exécuté.

MARIE , loraLaat sur un siège.

Il est mort!

LOUIS

Ce bourreau s'est toujours trop hâté.

( iiionliaut OlivitT.)

Qu'il en porte la peine, ainsi que cet infâme

Dont les mauvais conseils empoisonnaient mon âme.

A leur juge ici-bas je les livre tous deux,

(joignant les ni:iins.)

Pour que le mien s'apaise et s(/it moins rigoureux.

(à François de Paule en s'agcuouillanl. ) ^

llatez-vous de m'absoutlre; il m'attend... il m'appelle. Priez pour le salut de mon ame immortelle. Sauvez-la de l'enfer!... je me repens de tout ; Humble de cœur, j'ai pris la puissance en dégoût. Voyez... je n'en veux plus. Qu'est-ce que la couronne?

( en se relevant. )

Fausse grandeur... néant '....priez. ..Je veux, j'ordonne...

(Il chancelle et îomhe mort au pied du lit.) COITIER , 4111 met un genou eu terre et lui pose la main sur le cœur.

Commine, c'en est fait.

COMMINE , quittant le fauteuil où il donuait des soins à sa fille, s'incline et dit au daupbin :

Sire, il n'est plus!

UN IÎÉRALIT, d'une voix solennelle.

« Le roi est mort! le roi est mort ! »

TOUTE LA COUR , en se précipitant vers le daiipliin.

« Vive le roi ! »

FRANÇOIS DE PAULE

jMou (ils,

.\CrE V, V^JNE XVI. 215

(>jn»idérez»a fin, métïiitrz m* avis;

Et n'oublie/ Jamai» m^^u» votre diadème

^^'on e»t roi pour son pt^spifietnfjn pa* pour soi-fnêmc.

H-n l>h LOI »* XI,

Un défi a été porté à un grand talent par ce goût d'imitations étrangères qui a envahi, depuis quelques années, le domaine des beaux-arts, et plus spécialement celui de la littérature dramatique; M. C. Delavigne y a répondu par Louis XI. Ce système se combine, comme on sait, de hardiesses quelquefois heureuses et brillantes, souvent puériles jusqu'à la trivialité, presque toujours repoussantes, tantôt par l'exagération, tantôt par l'humilité rampante des formes. Ce genre admet le mélange ou la succession de tous les styles; il ne se reproche point de licences, par la raison qu'il ne reconnaît point de règles. Parlez-lui du principe des trois unités, ce principe étayé de l'autorité des législateurs, et bien mieux consacre par l'exemple des chefs-d'œuvre qui , depuis Sophocle jusqu'à Voltaire, lui sont redevables de leur désespérante perfection ; vous serez accueilli par un sourire d'orgueil et de dédain, et ce sourire, dans la pensée des novateurs , signifie : vous êtes des profanes, vous ne valez pas les honneurs de la réfutation. Passez à la

réalité, il n'est autre chose que l'aveu explicite lie leur impuissance et de leur confusion. Cependant ils avaient un moyen bien simple de nous réduire au silence : c'était de parl(>r par leurs ouvrages; ils l'ont fait, et nous n'avons pas oublié ce qui en est advenu. Au bout de quelques mois d'un succès obtenu , moitié par la violence matérielle des souteneurs et des amis, moitié par la richesse des décorations et des costumes, ainsi que par l'attrait irrésistible de la nouveauté, leurs pièces, après avoir épuisé la patiente curiosité du public, ont cédé la place à d'autres ouvrages de même force, qui ont subi les mêmes chances d'un succès éphémère et d'une chute définitive, et, avec la meilleure volonté du monde, il a été impossible de les en relever. L'impression et la lecture ont achevé leur ruine. L'échafaudage de la cabale une fois écroulé n'a laissé voir derrière lui que des décombres. Ne nons plaignons pas d'un triomphe momentané qui a servi à rendre leurs revers plus éclataus et plus instructifs.

Observons bien que ce qui manque à la plupart des auteurs que nous avons en vue, c'est beaucoup moins le talent, dont plusieurs d'entre eux ont fait preuve en d'autres genres^ que le goût, la raison, la mesure et le style. C'est calomnier la critique que de lui supposer la pensée de renfermer les compositions théâtrales dans le cercle des formes

et des sujets anciens. Elle n'a, au contraire, cessé de crier aux poètes : Ouvrez de nouvelles voies; élargissez à votre gré les routes que vos devanciers ont parcourues; abandonnez, nous ne demandons pas mieux, les traces des Grecs et des Latins, et osez, suivant l'expression dHorace, célébrera votre tour les faits domestiques. Évoquez les évènemens ou tristement fameux , ou noblement célèbres , de nos annales. Ressuscitez ces morts illustres, ou ces grands criminels, dont nous avons conservé des souvenirs si différens, et toutefois également utiles; la carrière est belle , elle est immense ; mais, pour y marcher avec gloire , songez quels engagemens vous contractez avec la masse éclairée de ce public qui vous observe et qui vous écoute. Vous êtes poètes et historiens tout ensemble. Soyez donc fidèles à l'histoire et à la poésie. Gardez-vous de dénaturer les caractères établis par des traditions constantes, et de leur substituer des fantômes créés dans l'intérêt d'une vaine et pernicieuse popularité. Vous cherchez des effets qui attachent, qui réveillent, qui étonnent le spectateur: rien de mieux; Boileau vous en a donné le conseil; mais faites en sorte que ces effets sortent du sujet, qu'ils soient amenés par des moyens naturels, qu'ils n'imposent aucun sacrifice nia la vérité, ni à la vraisemblance historique , ni au respect dû aux convenances sociales, et aux habitudes morales de la nation à qui

vous adressez la parole. Quand vous aurez satisfait à ces conditions, votre tâche ne sera encore qu'à moitié remplie. Vous n'avez élevé que la charpente de l'édifice ; il vous reste à le décorer. Ici est la tâche exclusive du poète. Tout ce que je pourrais dire à cet égard se trouve exprimé par ce vers d'un écrivain que l'on n'accusera pas d'avoir manqué d'activité ou de mouvement progressif dans ses productions littéraires; c'est l'auteur de Charles IX, de Fénelon, de Philippe II , qui a dit :

Sur des sujets nouveaux faisons des vers antiques.

Ce qui signifie, je pense, faisons, ou du moins tâchons de faire des vers comme les faisaient Racine et Voltaire; des vers rhythmiques, élégans, har-. monieux ; des vers nobles dans leur simplicité ; des vers également éloignés de l'emphase et de la bassesse; et l'on voit qu'autant par le choix des sujets qu'il a traités que par la forme décomposition qu'il y a appliquée, si l'auteur du précepte est resté inférieur à ses modèles, par son exemple du moins il s'est rapproché d'eux , autant que ses forces le lui ont permis.

Il n'était point à craindre que M. C. Delavigne se brisât contre les écueils du genre auquel il a consenti à assouplir son génie. Louis X/ est une tragédie moderne dans ce sens que le poète y a introduit des personnages qu'eût repoussés la dignité du

cothurne antique. Je n'entends pas parler du prevot Tristan , puisqu'il a son pendant dans le Narcisse de Britannicus ; mais je parle du médecin Coitier si utile cependant à l'action, et qui en est le principal et l'indispensable régulateur; je parle de ces danses où de malheureux paysans sont condamnés à des démonstrations joyeuses, sous peine de la hart; de cette entrée solennelle du pieux anachorète de la Calabre, au milieu des cantiques des jeunes villageoises, et de l'appareil pompeux des symboles les plus révérés de la religion; je parle du barbier-ministre Olivier Le Dain ; de l'épisode un peu hasardé des amourettes du dauphin avec la jeune et innocente Marie. Tous ces détails sont nouveaux , il fjuit en convenir, et ils eussent paru , il y a quelques années, incompatibles avec les formes reçues et avec la sévérité de l'ancienne tragédie. Aujourd'hui ils sont applaudis, ils plaisent même aux esprits délicats , parce que les hommes de goût se rappellent qu'ayant voulu peindre les dernières angoisses d'un tyran, victime de ses remords et des inutiles précautions qu'il prend pour s'en affranchir, tout était en quelque sorte permis au poète pour faire ressortir les couleurs de cet effrayant tableau, de cette instructive agonie. Ces danses de campagne, ces chants de la piété, ces paroles d'amour, ne soiît-ce point là d'admirables préparations aux mouvemens tumultueux que va

bientôt nous offrir l'intéricuir des tours du Plessis, aux rugissemens du monstre anéanti sous i'anathème de l'iiomme de Dieu, aux malédictions du mauvais père qui se venge sur lui-même et sur son fils des souvenirs de sa jeunesse parricide ?

Mais voici ce qui frappera le lecteur attentif, c'est que ces détails même si familiers, si peu concordans en apparence avec l'orgueil de la vieille Melpomène , sont constamment relevés ou par les grâces, ou par l'énergie du style ; que jamais un mot bas n'ose s'y montrer; que le rhythme et la césure y sont constamment respectés ; que le sens est toujours clair: et que si le langage est celui de la nature , c'est celui d'une nature choisie et appropriée aux exigences d'une société d'élite. Car, même au théâtre , on veut bien qu'un paysan soit un paysan; mais on ne lui demande pas, quand malheureusement pour lui il habite les environs du Plessis-les- Tours, de charmer les oreilles de son patois tourangeau.

Coitier n'est qu'un médecin , mais c'est le médecin de Louis XI, et de Louis XI sur le seuil du tombeau. 11 est donc le maître de la destinée d'un prince lâche et superstitieux qui le ménage par peur, et qui le sacrifierait sans scrupule, si un miracle qu'il a l'audace d'espérer lui rendait la santé et la vie.

Ah ! Iraiîre, si jamais lu deviens inutile!

PAR M. DUVIQUET. <22:i

Tout le caractère de Louis XI est clans ce vers, qui est presque sublime par le jour rapide qu'il jette sur l'âme du monstre couronné. Coiticr connaît bien son malade; voyez avec quelle éncrgiqne vérité Coitier trace l'image de sa situation auprès du Roi (act. I, se. iv).

Il serait mon tyran, si je n'étais le sien.

Et toute la tirade, en complétant cette pensée, met à nu le mobile de sa conduite hardie et les motifs de sa sécurité. Ce n'est plus un médecin qui parle, c'est un philosophe éloquent, c'est un profond anatomiste du cœur humain ,• et là, point de mots sonores, point d'hyperboles, point d'amplification. Tout est serré, précis , nerveux : c'est Voltaire qui écrit sous la dictée de Montaigne.

Je ne veux pas dissimuler une objection que j'ai entendu faire contre l'invraisemblance de la mission de Nemours, envoyé par le duc de Bourgogne à Louis XI , et qui se présente à sa cour sous le nom flu comte de Rhétel. Comment, a-t-on dit, ce roi qui avait dans toute l'Europe des agens affidés auxquels il prodiguait ses trésors, qui devait surveiller avant tout les démarches de son redoutable vassal Charles-le-Téméraire ; comment ce prince auquel ses juges les plus sévères n'ont jamais refusé la finesse , la ruse et la science de la politique la plus

déliée; comment Louis XI, en un mot, peut-il ignorer l'existence de Nemours ? Comment ce fils, couvert encore enfant du sang d'un père immolé sur un échafaud, et dont l'esprit de vengeance, grandi avec les années, doit être pour le meurtrier un sujet perpétuel d'une prévoyante inquiétude , peut-il se flatter de se dérober, sous un nom qui n'existe plus, aux regards d'un tyran soupçonneux? S'il est reconnu, comme il l'est effectivement dans la tragédie, il est perdu, et sa haine impuissante descend avec lui dans la tombe.

L'objection est spécieuse , et je ne prétends ni l'affaiblir, ni la réfuter complètement. Je me borne à faire observer que s'il y a invraisemblance, c'est du moins une de celles que l'on pardonne facilement à un poète dramatique, quand il a su en tirer d'admirables effets. J'ajouterai que ce qui est moralement improbable n'est pas pour cela strictement impossible; que, quelque habile que fût la politique de Ijouis XI, elle a pu être déjouée dans cette circonstance par les instructions combinées de Commine et de Coitier, l'un et l'autre sauveurs du jeune héritier des d'Armagnac. Quant au danger personnel du prince, son courage, ou plutôt son fanatisme filial, suffit pour expliquer son audace ; celui qui veut frapper le bourreau de son, père doit suivre le seul chemin qui mène jusqu'à lui, et il est évident qu'au moment de son déport , à celui de son arrivée

PAW M. DlIVIQUET. 225

au terme de son voyat^e, le sacrifice de sa vie est consommé.

La plus grande, la plus terrible scène de l'ouvrage, et, j'ose ajouter, une des plus belles que l'on puisse admirer au Théâtre-Français, est sans contredit celle de /a confession ( act, IV, se. vi). Quel spectacle que celui do ce roi si long-temps redouté, déjà serré par les éîreintes placées de la mort, forcé d'avouer ses crimes devant un pauvre ermite, dont il implore un pardon qui ne sera point accordé, parce que partagé entre ses lâches terreurs et ses habitudes sanguinaires, il refuse celui des malheureux, des innocens qu'il tient enfermés dans les souterrams meurtriers de son château! Il prie, le misérable; et cependant, toujours roi quoique pénitent, il se tient debout devant son juge. Mais lorsque de ses lèvres déjà pâles et flétries tombe l'aveu qu'ila empoisonnéson frère, une majesté royale, une majesté presque divine a passé sur le front et dans l'attitude du prêtre :

Et conti-e tes remoids ton cœur cherche un refuge ! Tremble , j'étais ton frère , et je deviens ton juge. Ecrasé sous ta faute aux pieds du triliunal, Baissedonc maintenant, courlie ton front royal. Pventre dans le néant, majesté périssable : Je ne vois plus le roi, j'écoute le coupable. Fratricide, à genoux ! . ^ .

Louis foudroyé, cédant à rascendan|; de la vertu

et de la religion , obéit , et déroule la série de ses crimes. Sans oublier les innombrables victimes qu'il a fait périr dans l'air, dans les flots, dans les puits meurtriers (les oubliettes), il passe au récit du supplice de d'Armagnac , et au raffinement de barbarie qui força trois enfans innocens à assister au supplice de leur père , et à ne sortir de dessous l'échafaud qu'inondés de son sang. Cependant, malgré l'énormité de ses crimes, le ministre d'une religion de charité et de clémence est prêt à pardonner , si le grand coupable brise les fers des innocens qui gémissent dans les cachots de son donjon. Louis refuse , réclame un délai.

A.dieu donc, meurtrier; je ne saurais t'absoudre. — Quoi , me condamnez-vous? — Dieu peut tout pardonner; , Lorsqu'il hésite encor, dois-je te condamner? Mais profite, ô mon fils , du répit qu'il t'accorde; Pleure toujours, obtiens de sa miséricorde Qu'enfin ton cœur brisé s'ouvre à ces malheureux ; Pardonne, et que le jour recommence pour eux. Quand tu voulais fléchir la céleste vengeance , Du sein de leurs cachots, du fond de leur souffrance , A. ta voix qu'ils couvraient leurs cris ont lépondu; Fais-les taire, et de Dieu tu seras entendu.

François de Paule s'éloigne; Louis s'agenouille et s'efforce de prier. Dans ce moment un fantôme effrayant s'élance; il était caché derrière les rideaux x]u lit: c'est Nemoiu's; un poignard brille dans ses

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mains ; la pointe touche la poitrine du roi , et lui commande le silence. Inutile de faire l'analyse d'une scène merveilleuse que le lecteur a sous les yeux ; qu'il me soit seulement permis de lui faire remarquer par quelle ingénieuse gradation ce fils si ardent dans ses justes ressentimens, si impétueux dans ses passions juvéniles , si opiniâtre , si dévoué dans ses projets de vengeance, maître de la vie du roi qui la demande servilement à genoux, se traînant même aux pieds de Nemours, est amené cependant à ne pas trouver pour lui de supplice plus grand que de lui laisser la vie. Cela est beau ; pourquoi ? Nemours a entendu la confession de Louis , l'aveu de ses terreurs , de ses remords, de ses souffrances physiques et morales. En permettant de vivre à un être si malheureux, Nemours n'est que trop vengé. Il le laisse seul avec lui-même ; il le laisse en tête à tête avec son plus implacable bourreau.

Une secousse aussi violente achève de briser les ressorts de la vie du roi ; il touche au moment fatal ; mais avant d'expirer , il veut à son tour se venger de Nemours. Il charge de ce soin l'exécrable fidélité de Tristan ; et il n'est que trop promptement obéi. Vaincu néanmoins par les sollicitations du Dauphin et de François de Paule, le roi fait un effort sur lui-même, et accorde le pardon. Mais Tristan paraît et annonce que l'ordre est exécuté. « Le bourreau s'est toujours trop hâté; » telle est

la réponse de Louis; et , suivant la coutume des tyrans , les deux ministres, les deux conseillers, les deux exécuteurs de ses cruautés, sont renvoyés devantes juges d'ici-bas. Quelques minutcss'éconlent, et Louis a comparu an tribunal de Dieu.

Il faut voir dans la lettre d'Etienne Pasquier à M. de Tiard, imprimée en tète de cette édition, comment ce savant et judicieux historien a jugé Louis XI. M. C. Delavigne ne pouvait se prévaloir d'une autorité plus grave, ni prendre un guide plus sûr pour montrer sur la scène un roi très diversement jugé par des biographes dupes volontaires de leurs intérêts ou de leurs passions. « C'était un esprit prompt, remuant et versatile. » Voyez-le dans la tragédie. Il apprend la mort de Charles- le- Téméraire. A l'instant même les ordres sont donnés à tous ses généraux pour qu'ils aient à surprendre les places du duc de Bourgogne, et à rendre à la couronne les riches provinces qu'une haute imprévoyance lui avait accordées en apanage. « Fin et feint en ses entreprises.» Louis dissimule avec l'embassadeur de Charles, mais le comte de Rîiétel se lemettra en route avec ses dépêches. Tristan est appelé ; Louis ne s'explique point avec son confident ; mais Tristan l'a deviné , Va compris. Un incident élevé sur la route préviendra à jamais le retour de l'envoyé auprès de son maître. Machiavel , qui n'a écrit son Prince que quelques années après

!a mort de Louis XI, a beaucoup d'obligations à ce roi. L'auteur a dû s'inspirer souvent de ses souvenirs. Veut-on encore un petit acte de feintise? C'est le Tartufe du quinzième siècle préludant délicieusement au Tartufe du dix-septième. Il vient de confisquer en toute humilité tous les fiefs de Charles. Mais voici le correctif.

En brave qu'il élait le noble duc est mort; Messieurs, ce fut hasard quand on nous vit d'accord. II m'a voulu du mal , et m'a fait à Péronne Passer trois de ces nuits qu'avec peine on pardotme; Mais tout ressentiment s'éteint sur im cercueil; Il était mon cousin, la cour prendra le deuil.

J'ai à peine prononcé le nom de Commine. Cet historien, néanmoins, joue dans Louis A7 un rôle assez important. C'est lui qui fait l'exposition de la pièce, d'abord en relisant à haute voix la partie de ses Mémoires où sont consignées les époques les plus marquantes et les traits les plus caractéristiques du règne de Louis XI, ensuite dans une conversation familièreavecCoitier,oiicesdeuxhommes, courtisans chacun à leur manière, mais également cupides, également ambitieux , se font de ces demiconfidences qui éclairent l'avenir du drame, et qui, dans le développement de deux caractères, annoncent ou font pressentir l'avenir de l'action à laquelle ils vont prendre part.

230 EXAMEN CRITIQUE, etc.

Intérêt, poésie, fidélité de mœurs, tableaux pathétiques ou^terribles, grandes leçons morales pour les peuples et pour les rois ; tels sont , en résumé , ies titres de la tragédie de Louis XI à l'estime et à Tadmiration des connaisseurs; c'est une tragédie qui, tenant une des premières places dans la collection des œuvres de M. C. Delavigne, ne peut manquer d'en conserver ime également distinguée dans le répertoire du Théâtre Français. •

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