‹ [Œuvres] (volume 2)Chapitre 133 sur 224 · LES MÊMES, GLOCESTER · texte numérisé non relu

LES MÊMES, GLOCESTER

( Les femmes de la reine vont .s'asseoir près des métiers à tapisserie. Le duc d'York est devant Lnci, qui dévide un écheveau de soie sur ses bras. )

ELISABETH , à Glocester.

Vous avez de mon fils reçu quelque message; Milord , il vous écrit ? Pour moi , j'en fais l'aveu , Ainsi que lord Rivers, il me néglige un peu : Me laisser deux longsjours sans lettres, sans nouvelles, C'est comprendre bien mal mes craintes maternelles.

GLOCESTER

Oui, voilà les enfans : pour nous ils ne font rien. Et les ingrats sont sûrs qu'on les recevra bien.

LE DUC D YORK, d'un air Loudeur, à Luci (juilui fait signe-

de se taive.

IjCS Ingrats !

. ELISABETH , à Glocester.

Votre grâce en dit plus que moi-même.

Eh! n'est-ce pas pour eux, pour eux seuls qu'on les aime? Pauvre ange ! qu'il m'oublie et qu'il ne souffre pas; Il n'aura point de tort.

GLOCESTER

Il vient; et sur ses p^s Semant tous les chemins de fleurs , de verts feuillages, Nos Anglais , m'écrit-on , l'environnent d'hommages. C'est porté dans leurs bras qu'il arrive aujourd'hui ; Sa marche est un triomphe, et jamais, avant lui. Le noble sang d'York, jamais la rose blanche, N'ont ému tant de cœur d'une joie aussi franche.

ELISABETH

Vous m'enchantez, milord.

GLOCESTER

Moi, son humble sujet, Heureux de ces transports dont je chéris l'objet, J'arrive; et des douleurs je trouve ici l'image : Tant d'attraits soiit voilés des ombres du veuvage. Que ce front, pour un jour affranchi de son deuil, Ravonne, heureuse mère , et d'ivresse et d'orgueil.

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