‹ [Œuvres] (volume 2)Chapitre 159 sur 224 · ACTE I, SCENE X · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE X

ELISABETH

A le livrer, milord? Qui viendra le chercher? Lui! mon fils! de mes bras qui pourra l'arracher? Qui donc? Mais, par pitié, qui donc?

BUCKINGHAM

La force ouverte, Les complots, un parti qui conspire leur perte.

ELISABETH

Glocester le connaît ce parti dangereux ; Ce qu'il fit pour Rivers , il le fera pour eux.

BUCKINGHAM

Pour Rivers !

ELISABETH

Ah! milord, VOUS pâlissez!

BUCKINGHAM

Non, reine; Non... ou plutôt je cède au zèle qui m'entraîne : Je pâlis, mais pour vous ; je pâlis d'un danger. Que le régent...

ELISABETH

Eh bien ! il va les protéger.

LE DUC d'york.

Ma mère, il vous trahit !

ELISABETH

Lui!

BUCKINGHA.M, vivcmeut.

Ce doute l'offense.

Croyez qu'il s'armera pour prendre leur défense ; 11 le doit.

ELISABETH

IjC veut-il?

BUCKIlN'GHAM.

Reine... c'est son devoir.

jMais fuyez, hâtez-vous, et je cours le revoir. Gagnez de Westminster l'asile inviolable ! Jamais aucun parti, dans sa haine implacable, Jamais, dans son orgueil, aucun pouvoir humain Jusqu'au fond de ses murs n'osa porter la main.

ELISABETH

Ils sont accoutumés à voir couler mes larmes :

( au duc il 'York. )

Loin de mon noble époux qu'avaient trahi ses armes, Ton frère , à la lueur de leurs pales flambeaux , Poussa ses premiers cris au milieu des tombeaux. Que les mânes des rois, témoins de sa naissance, Après l'avoir sauvé, recueillent ton enfance! Courons : pour te frapper sur mon sein maternel , On n'insultera pas nos prêtres , l'Eternel , Les ombres des héros que pleure l'Angleterre, J^a majesté des cieux et celle de la terre. Viens...

Page 1