‹ [Œuvres] (volume 2)Chapitre 168 sur 224 · GLOCESTER, BUCKINGHAM · texte numérisé non relu

GLOCESTER, BUCKINGHAM

GLOCESTER , à Ruckingliani, qui entre.

De grâce, arrivez donc, cousin; on vous désire.

BUCKINGHAM

Très noble protecteur, souffrez que je respire. Je voulais des premiers saluer à la Tour Le roi , qu'auprès de vous je croyais de retour; Mais je suis peu surpris qu'il traverse avec peine L'océan plébéien dont chaque rue est pleine.

( allant à la fenêtre qu'il ouvre. )

Avant de m'accuser, milord, regardez-les : Quelle foule! on s'écrase; et de Douvre à Calais La mer, par un gros temps, a plus de courtoisie Que ce peuple agité jusqu'à la frénésie. 11 ne veut que son roi ; froissé dans ses ébats, Meurtri de ses transports, je me disais tout bas Qu'on serait mal venu, par force ou ])ar adresse, A lui ravir l'objet d'une si folle ivresse. Quand je vous parle ainsi, je ne suis pas suspect : Ils ont, parbleu ! pour moi montré peu de respect ; Et mon cheval pourtant est de plus noble race Que ce troupeau d'Anglais entassés sur la place.

GLOCESTER

Parlait-on de la reine?

BUCKINGHAM

Avecun clévoûment !...

GLOCESTER

Elle est à Westminster.

BUCKINGHAM

Elle!

GLOCESTER

Et son fils.

BUCKINGHAM

Vraiment ?

C'est très vrai.

BUCKINGHAM

Dans quel but?

GLOCESTER

Si tu peux le comprendre , Tu me feras plaisir, cousin, de me l'apprendre.

BUCKINGHAM

Peut-être un mot de vous a causé son effroi.

GLOCESTER

Oui, j'aurai trop parlé : tout le mal vient de moi. Il m'a fallu souvent descendre à l'imposture; Mais j'y suis maladroit : c'est contre ma nature.

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