‹ [Œuvres] (volume 2)Chapitre 169 sur 224 · ACTE II, SCÈINE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈINE IV

BUCKINGHAM

Quelle faute !

GLOCESTER

J'ai peine à me la pardounei'.

J'aurais dû par toi seul me laisser deviner; J'étais sûr de ta foi.

BUCKINGHAM

Certes.

GLOCESTER, en souriant.

La reine est belle; Et je vous crois, cher duc, assez bien avec elle.

Moi !... sa grave beauté serait fort de mon goût; Ma gaîté, par malheur, ne lui va pas du tout.

GLOCESTER

J'avais compté sur vous pour certaine entreprise!..

BUCKINGHAM

Contre l'autel , milord î Qui s'y heurte s'y brise ; Je vous l'ai toujours dit. Respectez le saint lieu. La haine tient long-temps dans les hommes de Dieu, Orgueil épiscopal , rancune monastique, Remuer tout cela n'est jamais politique.

GLOCESTER

ïa raison, Buckingham, quelquefois me confond.

BUCKINGHAM, en ii:int.

Pas plus que moi , milord.

GLOCfiSTER.

Ton esprit est profond.

BUCKINGHAM

Les fous sont étonnans dans leurs momens lucides.

GLOCESTER

De tous mes intérêts il faut que tu décides.

BUCKINGHAM, à part.

Me revient-il ?

GLOCESTER , avec bonhomie.

Pourtant tes conseils m'ont déplu ; Mon pauvre Buckingliam , oui , je t'en ai voulu. J'en conviens. J'étais fou; j'avais une pensée, Une pensée horrible , et je l'ai repoussée ; Elle m'aurait perdu : l'abîme était voisin ; J'y tombais.

EUCKÎNGHAM.

Je le crois.

GLOCESTER

Embrasse-moi , cousin :

Tu m'as sauvé.

BUCKINGHAM

Milord !

GLOCESTER

D'une chute certaine.

BUCKINGHAM, à paît.

?rle suis-je trop pressé de parler à la reine ?

Page 1