‹ [Œuvres] (volume 2)Chapitre 188 sur 224 · ACTE 11, SCENE X · texte numérisé non relu

ACTE 11, SCENE X

ELISABETH

Qu'à la Tour... Mais c'esl faux, je le sais.

GLOCESTER

Achevez : qu'à la Tour?...

ELISABETH

Leurs jours sont menacés.

(vivement.)

Mais je ne le crois pas ; non, je vous le proteste.

GLOCESTER

Pourquoi donc ? Milady, c'est vrai comme le reste.

ELISABETH

D'un soupçon outrageant, pardon ! cent fois pardon ! Ah ! je vous le demande avec tout l'abandon. L'amour, le désespoir d'une mère éperdue : Que leur vie en danger soit par vous défendue.

GLOCESTER , avec douceur.

Calmez-vous donc ; quel bras peut les atteindre ici ?

ELISABETH

O mon Dieu ! de Ri vers vous me parliez ainsi.

GLOCESTER , en souriant.

Sans doute.

ELISABETH

C'est ainsi que je vous vis sourire.

GLOCESTER

Eh bien?

ELISABETH, avec explosion.

Rivers est mort!

GLOCESTEH.

Vous osez le redire?

ELISABETH

Oui, contre l'évidence en vain je me défends : Oui, mort; et vous voulez tuer mes deux enfan&l

GLOCESTER

Moi !

ELISABETH

Vous, leur protecteur, leur père!... C'est horrible! Et c'est vrai cependant, c'est vrai, mais impossible. Vous ne le pourrez pas .-je serai là, debout, Sur le seuil de leur porte, à leur chevet, partout, Et le jour, et la nuit, sans sommeil , sans relâche , L'œil ouvert, la main prête à repousser un lâche , Un monstre...

GLOCESTER

Milady!

ELISABETH, qui le legaide en face.

Je n'ai pas peur de vous.

Ruckingham vit; il s'arme, il soulève pour nous Ses partisans, les miens, le peuple, Londre entière:. Il viendra , nous viendrons , lui , tous , moi la première, Les sauver, vous punir.

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