ACTE 11, SCÈNE X
GLOCESTER
Mère imprudente, assez!
Savez-voLis qui je suis , et qui vous menacez ?
t5lisabeth.
Je ne menace pas : j'imploi-e, je conjure , Par mes pleurs, par leur sang, au nom de la nature, A.U nom de leur danger... Il m'inspire; écoutez : Vous le disiez tantôt, leurs droits sont contestés. Pourquoi donc les tuer ces deux tendres victimes? S'ils sont de mes amours les fruits illégitimes, Leurs droits n'existent plus, ils vivent; vous régnez.
GLOCESTER
Qu'entends-je?
ELISABETH. -
C'est en vain que vous vous indignez.
Crime ou non, j'y consens : leurs droits, je vous les donne; En les déshéritant ma honte vous couronne. Je l'accepte et la veux. Quel fut mon suborneur? Choisissez; je le prends. Pour me perdre d'honncui-, Quel aveu vous faut-il? parlez; je m'y résigne. Quel serment? je le fais ; quel écrit? je le signe. S'il faut, pour le sauver, que le fils d'Edouard Soit... Ah! l'horrible mot! un bâtard! un bâtard ! Eh bien ! il le sera : je signe tout.
GLOCESTER
Vous, reine!
Vous me feriez penser qu'on a dit vrai.
ELISABETH
La haine Le croira, le dira; que m'importe? ils vivront. Pour prix du déshonneur imprimé sur mon front , Pour prix du crime enfin dont je me rends coupable, Car c'en est un, milord, affreux, abominable. Rendez , rendez-les-moi ces enfans adorés î Rendez-moi mes deux fils! Ah ! vous me les rendrez. Pitié! C'est à genoux, mains jointes, que leur mère Vous demande pitié...
GLOCESTER
C'en est trop.
ELISABETH
Ah ! mon frère !
Mon roi!...
GLOCESTER
De vos affronts ce titre est le plus grand. M'immoler vos deux fils en les déshonorant!
ELISABETH , s'att.ichaut h ses vcteinpns.
Pitié!
GLOCESTER,^qui la repousse.
Pour m'épargncr l'horreur de vous entendre, Je soi's.