ACTE 11, SCENE
MARIE, effrayée.
Un ouvrage du roi !
LE DAUPHIN
Près de lui , dans ces lieux , Je ne suis pas plus libre; et dès que je m'éveille, D'un regard inquiet je vois qu'on me surveille. Me craint-on? qu'ai-je fait? pourquoi me confier Aux soins avilissans de ce maître Olivier?
MARIE
Depuis qu'il est ministre, on l'appelle messire.
LE DAUPHIN
Il me laisse ignorer ce qu'il devrait me dire : Mon oncle d'Orléans ne lui ressemble pas.
MARIE
C'est un nom qu'à la cour on prononce tout bas.
LE DAUPHIN
Des leçons de tous deux voyez la différence : Olivier dit toujours que le roi , c'est la France : Et lui : Mon beau neveu , me disait-il ici , La France, c'est le roi , mais c'est le peuple aussi. Je crois qu'il a raison.
MARIE
(>'est mon avis.
LE nAUPJIlN.
Je l'ai nie.
Mais moins que vous , amie !
Il VOUS chérit lui-même.
LE DAUPHIN
Le jour de son départ il m'a fait un présent :
( Il tire un livre de son sein. )
Regardez.
MARIE
Juste eiel! c'est un livre...
LE DAUPHIN
Amusant ; Qui parle de combats , de faits d'armes.
MARIE
Je tremble.
Si le roi le savait !
LE DATJPIÏIN.
Voulez-vous lire ensemble?
MARIE
Non, non.
LE DAUPHIN
Pourquoi?
MARIE
J'ai peur.
Nous sommes sans témoins.
MARIE, s'en allant.
Non.