ACTE II, SCÈNE IL
MARIE
Tout plaît à dix-sept ans, monseigueur, et plus tard L'avenir, qui vous charme, épouvante un vieillard. Mais un beau jour, des fleurs, les danses du village. Vont égayer pour lui ce saint pèlerinage. Il faut que je me hâte.
LE DAUPHIN
Achevons à nous deux.
MARIE
Seule, j'irai plus vite.
I,E DAUPHIN
Arrêtez, je le veux.
MARIE , en souriant.
Ee roi dit : nous voulons.
LE DAUPHIN
Eh bien! je vous en prie, Restez.
MARIE
Pour un moment.
Li: DAUPHIN.
3'ai du chagrin, Marie.
MARTE
A ous! se peut-il?
LE DAUPHIN
Sans doute, et j'ai droit d'en avoir ; Mon amour pour mon père est sur lui sans pouvoir.
Lorsqu'à son grand lever j'attends avec tristesse Une douce parole, un regard de tendresse, Vers moi, pour me parler, fait-il jamais un pas ? Me voit-il seulement? il ne m'aime donc pas?
MARIK
Quel penser!
LE DAUPHIN
Je le crains; pourquoi, depuis l'enfance, Me laisser, loin de lui, languir dans l'ignorance? Ce noir château d'Amboise, où j'étais confiné, M'a vu grandir, Marie, aux jeux abandonné , Sans qu'on m'ait rien appris, sans que jamais l'histoire Fît palpiter mon cœur à des récits de gloire. Que sais-je? à peine lire, et chacun en sourit. Mais comment à l'étude appliquer mon esprit? Je n'avais sous les yeux que le Rosier des guerres.
MARIE
I^c roi l'a fait pour vous.
LE DAUPHIN
Des maximes sévères , De beaux préceptes, oui; mais...
MARIE
Quoi '^
LE DAUPHIN
r'rst cnnuvoux.