‹ [Œuvres] (volume 2)Chapitre 38 sur 224 · DAIN, CHEVALIERS, COURTISANS · texte numérisé non relu

DAIN, CHEVALIERS, COURTISANS

OLIVIER

Sire, les envoyés des Cantons helvétiques...

LOUIS

Qu'ils partent!

OLIVIER

Sans vous voir?

LOUIS

Je hais les républiques.

COMMINE.

Leurs droits sont reconnus par votre majesté; Et libres...

LOUIS

Je le sais : liberté! liberté!

Vieux mot qui sonne mal, que je suis las d'entendre. Il veut dire révolte à qui sait le comprendre. Libres! des paysans, des- chasseurs de chamois !

VCTE II, SCENE VIII. 6y

Leur pays iic vaut pas mes revenus d'uiï mois.

COMMINE.

Ils n'en savent pas moins le défendre avec gloire, Et le duc de Bourgogne...

On devait, à les croire , Pour ménager le temps, m'éveiller ce matin. Montagnards sans respect! Et sur leur front hautain, Brûlé des vents du nord, dans leurs glaces stériles, Une santé!...

OLIVIER

Mon Dieu ! sire , les plus débiles Sont celles qui souvent tiennent le plus long-temps : Sans m'en porter moinsbien je meurs depuis vingt ans.

LOUIS

Pauvre Olivier! mais va, recois-les; fais en sorte Que ces pâtres armés n'assiègent plus ma porte. Libres! soit; mais ailleurs. Qu'ils partent, je le veux. Contre mon beau cousin prendre parti pour eux ! Moi! j'en suis incapable, et je prétends le dire Au comte de Réthel, pour peu qu'il le désire.

(bas à Olivier.)

rraile avec eux.

OLIVIER, de mime.

Comment?

LOUIS

A ton gré; mais sois prompt.

Donne ce qu'il faudra, promets ce qu'ils voudront.

OLIVIER

Il suffit.

LOUIS, haut.

Des égards, et fais-leur bon visage; Qu'un splendide banquet les dispose au voyage. Mes Écossais et toi, cliargez-vous de ce soin.

(à voix basse. )

Avec nos vins de France on peut les mener loin. Des Suisses, c'est tout dire.

( à Coitier.)

OÙ vas-tu ?

COITIEB.

De la fête Je veux prendre ma part.

LOUIS

Va donc leur tenir tête; Mais de par tous les saints, Coitier, veille sur toi !

COITIEB.

Répondez-moi de vous, je vous réponds de moi.

LOUIS , pendant que Coitier s'éloigne.

Indulgens pour leurs goûts, sans pitié pour les nôtres, Voilà les médecins.

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