ACTE 11, SCENE XI
Et tels sont les griefs dont je viens porter plainte, Sire, qîie sur mon front, où vous voyez l'effroi, La fureur qui m'agite a passé malgré moi.
LOUIS
Ces griefs , quels sont-ils?
NEMOURS
Vous allez les connaître : Pour très puissant seigneur le duc Charles, mon maître, Premier pair du royautne, et prince souverain...
LOUIS
Je connais les états dont je suis suzerain; Comte , passons aux faits.
NEMOURS
A vous donc, roi de France, Son frère par le sang , comme par l'alliance, Moi , venu sur son ordre et parlant en son nom , J'expose ici les faits pour en avoir raison. Je me plains qu'au mépris de la foi mutuelle. Vous avez des Cantons embrassé la querelle. Prêtant aide et secours à leurs déloyautés , Vous les protégez , sire ; et quand ces révoltés Nous jettent fièrement le gage des batailles , Vous recevez leurs chefs, présens dans ces murailles.
LOUIS, vivement.
Je ne les ai pas vus, et ne les verrai pas. Poursuivez.
NEMOUllS.
Je me plains que Cliabanne et Brancas , Gomme à la paix jurée, à l'honneur infidèles, Ont la lance à la main surpris nos citadelles , Et, malgré les sermens que Louis de Valois, Que le roi très chrétien a prêtés sur la croix , Ont , en lâches qu'ils sont, par force et félonie, Fait prévaloir des droits qu'un traité lui dénie.
LOUIS
S'ils l'ont fait, que le tort leur en soit imputé; Ils ont agi tous deux contre ma volonté.
J'en demande une preuve.
LOUIS
Et vous l'aurez.
NEMOURS
Mais prompte.
Mais décisive.
LOUIS
Enfin ?
NEMOURS
Leur châtiment.
LOUIS
Vous , comte!
Quels que soient vos pouvoirs , c'est par trop exiger; Car je dois les entendre avant de les juger.