ACTE II, SCÈNE XL
NEMOURS , avec eniportouient.
Eh ! sire dans vos mains la hache toujours prête A frappé pour bien moins une plus noble tête.
LOUIS, se lovant.
Ijaquelle ?
NEMOURS
Dieu le sait; quand il vous jugera, Dieu, qui condamne aussi, vous la présentera.
LOUIS
La vôtre est dans mes mains.
NEMOURS
Et vous la prendrez, sire ; Mais écoutez d'abord ce qui me reste à dire.
COMMINE.
Comte !...
■ ' LOUIS, qui s'assied.
Le Téméraire est bien représenté.
Jamais ce nom par lui ne fut mieux mérité; Convenez-en, messieurs!
( à Nemours. )
Mais achevez.
NEMOURS
Je l'ose, Quoi qu'il puisse advenir pour mes jours ou ma cause. Soyez donc attentifs , vous, leur maître après Dieu , Vous, féaux chevaliers, vous, seigneurs de haut lieu,
7b LOUIS XL
Dont jamais récusson, terni par une injure, Lui vînt-elle du roi, n'en garda la souillure. Charles, sur les griefs dont cet écrit fait foi, Attend.et Veut justice , ou déclare par moi Qu'au nom du bien public et de la France entière , Des lions de Bourgogne il reprend la bannière. Pour tout duclié , comté , fief ou droit féodal , Qu'il tient de la couronne à titre de vassal, De l'hommage envers vous lui-même il se relève, Et sa foi qu'il renie , il la rompt par le glaive. Il s'érige en vengeur du présent , du passé , Du sang des nobles pairs traîtreusement versé ; Devant Dieu contre vous et vos arrêts injustes Se fait le champion de leurs ombres augustes , Les évoque à son aide; et comme chevalier. Comme pair, comme prince, en combat singulier, Au jugement du ciel pour ses droits se confie : Sur quoi, voici son gage, et ce gant vous défie ! Qui le relève ?
LE DAUPHIN, qui s'élance et le ramasse.
Moi , pour Valois et les lis !