SCÈNE III
Les précédens, LOUIS, quelques écoss^ls
(|ui rfstcnt dans le tond.
( Pendant cette scène et les suivantes , Tristan paraît de temps à antre . comme pour veiller sur le roi.)
LOl'lS , ((ui arrive à jias lents, et tombe épuise sur Ir banc.
Le soleil m'cblouit , et sa chaleur m'oppresse : L'air était moins pesant, plus pur, dans ma jeunesse: Les climats ont changé,
OLIVIER, lui montrant les paysans.
Mêlez-vous à leurs jeux :
Vous êtes inconnu; parlez-leur.
98 LOUIS XT.
LOUIS
• . Tu le veux ?
OLIVIER , aux paysans.
Ce seigneur de la cour a deux mots à vous dire : Venez.
LOUIS , à Marthe.
Vous , la fermière.
MARTHE
A vos ordres, messire.
LOUIS
Comment faites-vous donc pour vous porter si bien?
MARTHE
Comment ?
LOUIS
Dites-le-moi .
MARTHE
Pour cela fait-on rien?
On y perdrait son temps; aussi, mauvaise ou bonne, Nous prenons la santé comme Dieu nous la donne. C'est chose naturelle, et qui vient, que je crois, Ni plus ni moins que l'herbe et le gland dans les bois. Pour m'en troubler la tête ai-je un instant de reste? Que nenni! Le coq chante, et chacun d'un pas leste Court s'acquitter des soins qu'exige la saison : Le mari fait ses blés; la femme à la maison Gouverne de son mieux la grange et le ménage.