ACTE I, SCENE IV
Toujours moi, dont le nom s'échappe de sa bouche, Lorsqu'un remords vengeur vient secouer sa couche. Mais s'il charge mes jours du poids de ses ennuis, Du cri de ses douleurs s'il fatigue mes nuits, Quand ce spectre imposteur, maître de sa souffrance. De la vie en mourant affecte l'apparence , Je raille sans pitié ses efforts superflus Pour jouer à mes yeux la force qu'il n'a plus. Misérable par lui , je le fais misérable : Je lui rends en terreur l'ennui dont il m'accable ; Et pour souffrir tous deux nous vivrons réunis , L'un de l'autre tyrans , l'un par l'autre punis , Toujours prêts à briser le nœud qui nous rassemble, Et toujours condamnés au malheur d'être ensemble, Jusqu'à ce que la mort, qui rompra nos liens. Lui reprenant mes jours dont il a fait les siens. Se lève entre nous deux, nous désunisse, et vienne S'emparer de sa vie et me rendre la mienne.
COMMINE.
On s'avance vers nous : veillez sur vos discours!
COITIER.
Craignez-vous votre fille ?