PROCIDA, LORÉDAN
LORÉDAN
Vous m'êtes donc rendu ! Je vous revois, mon père! O bonheur!... Mais pourquoi ce front triste et sévère?
PROCIDA
Est-il vrai , Lorédan , qu'un maître impérieux Commande dans ces murs tout pleins de vos aïeux?
LORÉDAN
De ce bruit offensant méprisez l'imposture,
Connaissez mieux Montfort, vous lui faites injure.
Sans honte en ce séjour j'ai pu le recevoir,
Sa gloire et ses bienfaits m'imposaient ce devoir.
Épris de l'art divin qui fleurit en Provence ,
Poète, il a chanté les succès de la France ;
Guerrier, près de Louis son courage naissant
Fit triompher les lis de l'orgueil du croissant.
Il a sur votre sort partagé mes alarmes ,
Il m'a fait chevalier , je sais son frère d'armes.
PROCIDA
Vous!
LORÉDAN
Nous devons ensemble affronter les hasarda,
-24 LES VEPRES SICILIENNES.
Suivie d'un pas égal les mêmes étendards : Bientôi Paléologue , enfermé dans Byzance , Verra sous nos efforts expirer sa puissance. Aux bords de l'Hellespont, où nous allons courir, De quels nobles lauriers nos fronts vont se couvrir! ( hi<- d'exploits!...
PROCJDA.
De l'empire embrassant la querelle, Le destin des combats peut vous être infidèle; Alors de ces hauts faits qu'attendez-vous?...
LORÉDAN
L'honneur, Si fidèle aux Français, même dans le malheur!
PROCIDA
N'en attendez, mon fils, que regrets et que honte; Quels que soient les dangers que votre ardeur affronte. Les Français dans les camps vous seront préférés : Songez-vous aux chagrins que vous vous préparez? ( lovez-vous que le roi, distinguant votre audace, Daigne illustrer un sang qu'il accepte par grâce? Quand l'esclave imprudent pour ses maîtres combat. Tout son san^ prodigué se répand sans éclat. Mais je veux qu'on VOUS laisse une part dans la gloire. Que produit pour l'état cette noble victoire? Que sonl dans [euxs succès les peuples conquérans '