‹ [Œuvres] (volume 3)Chapitre 101 sur 162 · ACTE II, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II

LUCILE

Bon !

VICTOR

Il veut m'avilir.

LUCILE

Lui!

Me déshonorer.

LUCILE

Allons !

VICTOR

Jusqu'à l'intrigue il veut que je descende, De ma carte aux journaux que je porte l'offrande.

LUCILE

Nos actions souvent démentent nos conseils : Jamais, s'il eût suivi des préceptes pareils , L'emploi des confidens n'eût borné sa carrière ; Il serait riche, heureux, il aurait part entière : Mais, comme des journaux il ne fut pas prôné, Le premier débutant l'a toujours détrôné.

VICTOR

C'est peu , sur votre sort sa prudence inquiète Mêle à mon espérance une terreur secrète. Si notre hymen pour vou# n'était pas fortuné ! De cet astre ennemi sous lequel je suis né

Si vous sentiez un jour la fatale influence! Que puis-je vous offrir? à peine de l'aisance. Votre amant envers vous ne saurait s'acquitter. Vous rendra-t-il jamais ce qu'il vous fait quitter? Vous verrai-je, à vingt ans, renoncer sans tristesse A ces brillans plaisirs qui vous cherchent sans cesse, \ l'encens d'une cour, aux vœux de tant d'amans, A ce bruit si flatteur des applaudissemens?

Il CILE.

Je l'avoûrai tout bas, j'aime qu'on m'applaudisse : De quel prix vous payez ce léger sacrifice ! Je vous devrai ce bien que j'ai tant regretté, \Yun sort indépendant la douce obscurité, Un titre, le bonheur dont jouit une mère, Qui vaut bien des bravos la trompeuse chimère.

VICTOR

Mon aimable Lucile!

LUCILK.

Et qu'il me sera doux D'aller vous applaudir, d'être iière de vous !

VICTOR

Non, il n'est point d'ennui, de chagrin si farouche, Que ne puisse adoucir un mot de votre bouche. Mais né nous flattons pas d'un trop charmant espoir.

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