‹ [Œuvres] (volume 3)Chapitre 13 sur 162 · PROCIDA, LORÉDAN, AMÉLIE · texte numérisé non relu

PROCIDA, LORÉDAN, AMÉLIE

PROCIDA

Mes bras vous sont ouverts; venez, chère Amélie...

AMÉLIE

Ali, seigneur! ah, mon père!

Où suis-je? ces accens D'un transport douloureux font tressaillir mes sens... Est-ce toi, Conradin, ou ta vivante image? Oui , voilà son regard! c'est son touchant langage; Cette grâce éclatait sur ses traits imposans, Quand je l'ai vu mourir à la fleur de ses ans.

AMÉLIE

Hélas!

LORÉDA1V.

Vous irritez les tourmens qu'elle endure.

PROCIDA

C'est toi qui m'as forcé de rouvrir sa blessure.

Je le dois pour guérir ton esprit aveuglé

Des soupçons offensaus dont l'amour l'a troublé. ,

Il me soupçonne, ô Dieu

AMELIF.

30 LES VEPRES SICILIENNES.

PROCLDA.

Par un récit fidèle Puisse-je raffermir ta haine qui chancelle! Puisse une juste horreur te saisir comme moi, Au nom du meurtrier que tu nommes ton roi ! Ecoutez-moi tous deux; à son heure dernière, Conradin m'adressa cette courte prière : « Parmi des inhumains j'abandonne ma sœur; « Vivez, qu'à sa jeunesse il reste un défenseur; « Qu'elle soit votre fille, et qu'un jour l'hyménée « Au sort de Lorédan joigne sa destinée. » Je promis d'obéir; mais j'enviai la morl Du jeune Frédéric qui partagea son sort. Il s'exilait, mon fils, d'un illustre héritage, Pour combattre à seize ans sous un roi de son âge; L'échafauid l'attendait, il v monte, et soudain Je vois rouler sa tête aux pieds de Conradin. Votre frère.... Ah! combien sa douleur fui touchante! Pressant de son ami la dépouille sanglante , fl lui parlait eneor, l'arrosait de ses pleins •

Tu n'es plus, çriaijt-rl , c'est pour moi (pic tu meurs ' Nos va ii upieurs attendris l'admiraient en silence; Mais ( iharles d'un coup d'oeil enchaîna leur clémence. Cel enfant <|in pleurait redevint un héros, Kl son dernier reyard fil pâlir les bourreaux.

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