‹ [Œuvres] (volume 3)Chapitre 77 sur 162 · ACTE 1, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCENE II

La baronne consent, car c'est une baronne. Et la Tamise enfin soupe avec la Garonne.

GRANVILLE

Vous aimez donc toujours à compter vos exploits ?

PEMBROCK.

C'est mon faible. A Bordeaux nous arrivons tous trois.

La maison de ma veuve aussitôt m'est ouverte.

De ses parens, très jeune, elle a pleuré la perte.

Et n'a plus qu'une tante, aimable à cinquante ans,

Qui fut par sa vertu l'exemple de son temps :

J'ai pris, pour les charmer, les façons du grand monde ;

Fertile en traits heureux qui sentent la Gironde,

J'étonne les Gascons de mes airs étourdis :

Je ne dis plus goddam, et jure par sandis.

Comme au seul nom d'amour leur fierté s'effarouche ,

Enfin le mot d'hymen est sorti de ma bouche.

GRANVILLE

Dit parmi lord, ce mot leur a semblé fort doux?

PEMBROCK.

Les accords sont signés, je lui rends son époux. Je vais donc la former, cette adorable chaîne! Que n'est-ce dès demain ! Mais ma belle inhumaine Sur mon bonheur futur fait un léger emprunt, Pour accorder huit jours aux mânes du défunt , Lequel, étant Français, toutes les nuits l'obsède,

Très courroucé, dit-on, qu'un Anglais lui succède. Ma veuve, très jalouse, exige sur ma foi Que pendant tout son deuil je m'enferme chez moi, El croit, en m'imposant cette triste huitaine, De son pauvre baron consoler l'aine en peine. Elle est femme et timide; en époux résigné, Chez moi par un serment je me suis consigné.

GRANVILLE

Ce soir, si votre grâce est de près surveillée, On saura...

PEJYIEROCK.

Je retiens une loge grillée :

Qui diable peut me voir? Ferai-je une noirceur En manquant de parole à mon prédécesseur? Je suis, vous le savez , littérateur dans l'âme, Et l'amour doit céder quand Apollon réclame. Mais ce monsieur Bernard , qu'on a dû prévenir, Tranchant du grand seigneur, tarde bien à venir

GRANVILLE

Nos messieurs du théâtre ont tous ce privilège; J'attends depuis une heure ira ami de collège, I ,e ( aispin de la troupe.

l'I MlillOCK.

Eh! mai s , par quel hasard Àvez-\oiis donc quitté votre oncle Balthazard?

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