ACTE I, SCENE TI
D'intendant près de lui vous remplissiez l'office, Et ce fut par vos soins qu'il me rendit service.
Il vivait au Mogol en forban retire, Quand il fut par la mort surpris contre son gré; La Faculté du lieu le traita , Dieu sait comme ; Ils étaient trois docteurs, et pourtant...
PEMBROCK.
Le pauvre homme!
Que vouliez-vous qu'il fît contre trois?
GRANVILLE
Qu'il mourût.
Maints convoiteurs de biens se tenaient à l'affût, Et voulaient, dans l'espoir de happer l'héritage, De son dernier soupir s'emparer au passage. Mais un rayon d'en-haut le vint illuminer; Quoiqu'il fût plus enclin à prendre qu'à donner , Sur son lit de douleur un reste de tendresse, Ranimant ses esprits glacés par la vieillesse, Lui fit signer un acte à ses derniers momens , Qui me semble un chef-d'œuvre en fait de testamens.
PEMBROCK.
Un chef-d'œuvre ! Pourquoi ?
GRANVILLE
Par la raison très claire
(v)u il me lait de son bien unique légataire;
l'I MBROCK.
Excellente raison !
Je dus, quand j'héritai, Pour remplir du mourant l'expresse volonté. M'informer à Bordeaux de'sa nièce Lucile, Auprès d'un vieux parent dont elle est la pupille, De l'artiste Bernard, eonfident par état, Et qui ne risque rien de mourir intestat . Car il n'a pas le sou. Mon oncle, article seize, Aie la choisit pour femme, au cas qu'elle me plaise; Sinon, delà doter il m'impose la loi.
Pouvais-je de son or faire un meilleur emploi ? Echappé pour Lucile aux fureurs de Neptune, J'apportais à ses pieds mon cœur et ma fortune; J'apprends, pour mes amours funeste pronostic, Qu'elle lait par son jeu les beaux jours du public. Enfin, moi son futur, hier je ne lai vue Qu'en pavant au bureau ma première entrevue.
l-l MBROCK.
( '.omment la trouvez-vous ?
< ; li \ \ \ 1 1 i i .
I /aimable objet , morbleu ' Que d'esprit , de candeur! quel naturel ! quel feu !