‹ [Œuvres]Chapitre 16 sur 76 · G4 LE JEUNE · texte numérisé non relu

G4 LE JEUNE

« Chaste victime, il tombe avec son innocence « Sous le bâton ensanglanté.

« Les rois, quand il faut nous défendre, « Sont avares de leurs soldats.

« Ils se disputent des états, « Des peuples , des cités en cendre ; . « Et tandis que , sous les couteaux , « Le sang chrétien, à longs ruisseaux, « Inonde la terre où nous sommes ; « Comme on partage des troupeaux , « Les rois se partagent des hommes.

« Un récit qui s'efface, ou quelques vains discours, « A des indifférens parlent de nos misères, « Amusent de nos pleurs l'oisiveté des cours : « Et nous sommes chrétiens, et nous avons des frères , « Et nous expirons sans secours !

a L'oiseau des champs trouve un asile « Dans le nid ([ui fut son berceau , « Le chevreuil sous lui arbrisseau,

«Dans un sillon le lièvre agile;

« EflVayé par un léger bruit ,

« Le ver qui serpente et s'enfuit

« vSous l'herbe ou la feuille qui tombe,

« Echappe au pied qui le poursuit...

« Notre asile à nous, c'est la tombe!

« Heureux qui meurt chrétien! Grand Dieu, leur cruauté « Veut convertir les cœurs par le glaive et les flammes, « Dans le temple oii tes saints prêchaient la vérité , « Où de leur bouche d'or descendaient dans nos âmes « L'espérance et la charité.

« Sur ce rivage, où des*idoles

« S'éleva l'autel réprouvé,

« Ton culte pur s'est élevé

« Des semences de leurs paroles.

« Mais cet arbre, enfant des déserts,

« Qui doit ombrager l'univers,

« Fleurit pour nous sur des ruines ,

« Ne produit que des fruits amers,

« Et meurt tranché dans ses racines.

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