‹ [Œuvres]Chapitre 52 sur 76 · DITHYRAMBE · texte numérisé non relu

DITHYRAMBE

SUR LA NAISSANCE J)ll ROI IW ROME.

« Destin, qui m'as promis l'empire de la terre, « Tu disais: Rome , un jour souveraine des rois,

« Les verra, courbés sous ses lois, « Devant elle abaisser leur sceptre tributaire; « Rome au monde asservi dictera ses arrêts. a Où sont ces rois captifs , ces tributs , ces hommages, « Et ce sceptre vainqueur des peuples et des âges?

« Destin, qu'ont produit tes décrets?

« Ma gloire a disparu connne une ombre légère;

« Autour de moi je vois épars « Les antiques débris du trône des Césars ,

« Ensevelis dans la poussière.

« Oli marchaient mes soldats, où flottait leur bannière,

« Je n'aperçois que des tombeaux ; « Et, déchu pour jamais de sa splendeur première,

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« Un peuple de vaincus ose fouler la terre « Où dort lui peuple de héros.

Rome ! ne gémis plus sur tes foudres éteintes, Au séjour du destin ont pénétré tes plaintes, Et, de son antre obscur, aussi vieux que le temps, La voûte prophétique a redit ces accens :

« Que la cité de Mars à ma voix se console ; « Un nouveau Jupiter, garant de mes décrets,

« Va présider au Capitole ; « O monts du Latium , inclinez vos sommets ! « Napoléon va rendre à l'antique Ausonie « Ses lauriers, sa splendeur, son trône, son génie.

« Rome , tes destins vont changer ; « La France, sur tes pas, t'appelle à la victoire,

ce Elle ne peut céder sa gloire,

« Mais elle peut la partager.

« Pour soutenir le poids du sacré diadème « Qui doit à tes grandeurs bientôt t'associer, « Du héros la bonté suprême

a Te promet un autre lui-même , « De ses vertus immortel héritier. »

Mais déjà le ciel te le donne ; L'éclair luit, les airs sont troublés, Et dans les temples ébranlés L'airain, pieux tremble et résonne.

La foudre a retenti cent fois :

« Quel est celui que le tonnerre « En grondant annonce à la terre?

« C'est le fils du plus grand des rois ! »

Salut, doux espoir de la France !

Gloire au guerrier fils du guerrier !

A peine il vient de naître,... et l'univers entier A retenti de sa naissance.

Déjà l'aigle romaine , au vol audacieux,

Va prendre son essor et planer dans les cieux;

Ces fils de Romulus, dont vingt siècles de gloire

Protègent les exploits passés ,

Tremblent de les voir éclipsés

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