‹ [Œuvres]Chapitre 53 sur 76 · DITHYRAMBE SUR LA NAISSANCE · texte numérisé non relu

DITHYRAMBE SUR LA NAISSANCE

Par cet illustre enfant qu'adopte la victoire :

L'astre de Jule en a pâli ,

Et sous le marbre solitaire, De ses restes glacés muet dépositaire , César a tressailli.

Quel auguste appareil ! quels pompeux sacrifices ! Aux autels de son Dieu, dans les saints édifices,

La France est à genoux !

Quel immense concours assiège ces portiques! Ministres du Seigneur, redoublez vos cantiques! O temples, agrandissez-vous!

Sous ces voûtes religieuses Où flottent de vingt rois les dépouilles fameuses. Mobiles monumens des exploits d'un héros , Ce peuple ne vient pas, dans sa reconnaissance, Du dieu guerrier , protecteur de la France ,

Chanter les triomphes nouveaux.

Un besoin plus touchant que celui de la gloire

A guidé les Français ravis; Et l'hymne de la paix résonne en ces parvis. Naguère accoutumés aux chants de la victoire.

].e Danube est ému jusqu'au fond de ses eaux ,

Et secouant sa chevelure humide , Il s'élance joyeux de son palais liquide, Le front ceint de roseaux.

Mais quelle sublime harmonie

Soudain retentit sur ses bords !

Des vierges de la Germanie

Qui dira les divins accords ?

Un dieu lui-même les inspire ,

Un dieu leur a prêté sa lyre , Et la corde sonore a frémi sous leurs doigts. C'est toi que leur voix chante, aimable souveraine. Toi, dont les jeunes mains ont désarmé la haine. Toi , la fille , l'épouse et la mère des rois.

Tu parus : aussitôt les peuples de la France Entourèrent ton char de leur concert joyeux ;

Devant toi marchait l'espérance,

Et ce jour à jamais heureux D'un jour plus doux encor nous donne l'assurance. Jeune immortelle, il naît de ton sein généreux Ce fils que ta présence annonçait à l'Empire,

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