DITHYRAMBE SUR LA NAISSANCE
Par cet illustre enfant qu'adopte la victoire :
L'astre de Jule en a pâli ,
Et sous le marbre solitaire, De ses restes glacés muet dépositaire , César a tressailli.
Quel auguste appareil ! quels pompeux sacrifices ! Aux autels de son Dieu, dans les saints édifices,
La France est à genoux !
Quel immense concours assiège ces portiques! Ministres du Seigneur, redoublez vos cantiques! O temples, agrandissez-vous!
Sous ces voûtes religieuses Où flottent de vingt rois les dépouilles fameuses. Mobiles monumens des exploits d'un héros , Ce peuple ne vient pas, dans sa reconnaissance, Du dieu guerrier , protecteur de la France ,
Chanter les triomphes nouveaux.
Un besoin plus touchant que celui de la gloire
A guidé les Français ravis; Et l'hymne de la paix résonne en ces parvis. Naguère accoutumés aux chants de la victoire.
].e Danube est ému jusqu'au fond de ses eaux ,
Et secouant sa chevelure humide , Il s'élance joyeux de son palais liquide, Le front ceint de roseaux.
Mais quelle sublime harmonie
Soudain retentit sur ses bords !
Des vierges de la Germanie
Qui dira les divins accords ?
Un dieu lui-même les inspire ,
Un dieu leur a prêté sa lyre , Et la corde sonore a frémi sous leurs doigts. C'est toi que leur voix chante, aimable souveraine. Toi, dont les jeunes mains ont désarmé la haine. Toi , la fille , l'épouse et la mère des rois.
Tu parus : aussitôt les peuples de la France Entourèrent ton char de leur concert joyeux ;
Devant toi marchait l'espérance,
Et ce jour à jamais heureux D'un jour plus doux encor nous donne l'assurance. Jeune immortelle, il naît de ton sein généreux Ce fils que ta présence annonçait à l'Empire,