DE LA VACCINE
Vont offrir tour à tour un bras obéissant. Debout au milieu d'eux, le Nestor du village Tout bas par ses discours affermit leur courage. Une mère l'écoute , et ^ les pleurs dans les yeux ,. Inquiète, à son fils adresse ses adieux, Le présente au docteur et soudain le retire, Puis le présente encor, se détourne et soupire. L'un affecte un grand cœur que son trouble dément; L'autre rougit, pâlit et pleure franchement; Leur voisin en héros affronte la piqûre , Après ce bel exploit, plus fier de sa blessure. Qu'un vieux soldat français mourant pour son pays Dans les champs de Rocroi, de Lens ou d'Austerlitz.
Cependant à regret leur bienfaiteur les quitte.
Quelques jours écoulés, un soir il les visite.
Ce n'est plus la terreur qu'il fait naître aujourd'hui :
Ses malades charmés sautent autour de lui;
Le plus jeune d'entre eux l'embrasse et le caresse;
Leurs visages vermeils respirent l'allégresse;
Ils devancent ses pas d'un air leste et dispos.
Leurs complimens naïfs , leurs aimables propos ,
La verdeur des vieillards, la fraîcheur de leurs filles,
La joie et la santé de toutes les familles,
Attestent le pouvoir d'un art libérateur,