ACTE I, SCENE III
Leur grand-prêtre a souvent de sa sinistre voix Sous les dais or{jueilleux épouvanté les rois : Sous leur sceptre sanglant tout pouvoir s'humilie; Leur nom seul prononcé trouble la Thessalie; A l'aspect imprévu de leur temple odieux , Le voyageur tremblant passe , et ferme les yeux ; Il semble, à leur menace, à leur regard sauvage, Que l'horreur des mortels soit leur plus cher hommage , Et que , s'il est un cœur qui les ose adorer. Ce n'est qu'en fréinissant qu'on les puisse honorer.
ALCESTE
Ah! pour moi leur aspect est un tourment moins rude Que le supplice affreux de mon incertitude ! Me refuserais-tu de les interroger?
ADMÈTE
Peut-être imprudemment cherchons-nous le danger.
ALCESTE
Je sens que dans mes vœux c'est le ciel qui m'inspire.
AD3IIÈTE.
Sur le cœur d'un époux tu connais ton empire ;
Mais , si tu m'en croyais , ton esprit curieux
Sur nos communs destins s'en remettrait aux dieux.