ACTE II, SCENE II. ifi^ï
ALCESTE
Que me dis-tu?
AD>IÈTE.
Je croi Que leur âge encor faible aurait besoin de loi. Eh ! qui pourrait compter les bienfaits d'une mère ! A peine nous ouvrons les yeux à la lumière , Que nous recevons d'elle , en respirant le jour. Les premières leçons de tendresse et d'amour. Son cœur est averti par nos premières larmes -, Nos premières douleurs éveillent ses alarmes. Sous les plus douces lois nous croissons près de vous, Et c'est dès le berceau que vous régnez sur nous.
ALCESTE
Comment de notre amour ne pas chérir les gages ! Mes soins ne sont-ils pas leurs plus doux héritages !
Tu promis à leur père et ton cœur et ta foi.
ALCESTE
Est-ce Adraète qui craint d'être oublié de moi I Va , ce léger soupçon doit outrager ma flamme. Doules-tu qu'à jamais tu règnes sur mon âme ! J'en atteste l'autel qui reçut nos serments, Où mon cœur te voua ses premiers sentiments ; Ces flambeaux de l'hymen , cette brillante fête , Où du bandeau des rois tu parais ta conquête. Quel bonheur nous attend ! Oui , je n'en doute pas, Ton fils , ton fils un jour marchera sur tes pas. Il a déjà ta grâce , il aura ton courage ; Déjà ses traits naissants m'ont offert ton image; Et tandis que sans moi tu courais aux autels Interroger du sort les décrets éternels, Comme si ton péril eût accru mes tendresses, j\Ia main lui prodiguait les plus douces caresses j
\(\G ŒDIPE CHEZ ADINIETE.
Mes re(;nrc1s de le voir ne pouvaient se lasser j
Dans ton fils , cher t^poux, je croyais t'enibrasser;
Va s'il faut , sans di'tour, l'avouer mes alarmes ,
J'ai môme, en Tombrasssant, répandu quelques larmes.
Tu pleures, cher Admètel
ADMÈTE
Oui , mon cœur transporte...
AirESTK.