ACTE II, SCENE III. ifl
Lui prêtant son appui, ses secours généreux , Aide, soutient, conduit ce vieillard malheureux. La noblesse est encor sur son visage empreinte; On y voit la douleur, mais sans trouble et sans crainte. Ses longs cheveux blanchis, agités par les vents, Couvrent son front pensif, qu'ont sillonné les ans. J'observais dans son port, sur son front irrniiobile, Au milieu de ses maux, sa dignité tranquille; I:t tout enfin , seigneur, en lui m'a rappelé Cet illustre proscrit dont vous m'avez parlé.
.\DMÈTE.
Il suffit, cher Phénix.
• Phénix sort.
SGÉ?s£ lY. ADMÈTE, ALCESTE.
ALCESTE
Quel est donc ce mystère ?
Un vieillard inconnu. Parlez : que veut-il faire? Je crains... Phénix d'abord eût dû l'interroger.
ADMÈTE
Peut-être vainement c'eût été l'affliger.
Hélas ! d'un malheureux la prudence est extrême.
Ah ! son secret souvent n'est que son malheur même.
ALCESTE
Vous lui demanderez d'où naît son sort affi-eux.
ADMÈTE
Je n'interroge pas les mortels malheureux.
ALCESTE
De ses destins, seigneur, vous avez connaissance. Ainsi , sur vos secrets vous gardez le silence-, Ils ne sont plus communs I Pourquoi mêles cacher? Votre cœur dans le mien craint-il de s'ésiimcher?
i66 OEDIPE CHEZ ADMÈÏE.
Mes refjards de le voir ne pouvaient se lasser ;
Dans ton fils , cher époux, je croyais t'embrasser ;
Et s'il faut , sans détour, t'avouer mes alarmes ,
J'ai même, en l'embrasssant, répandu quelques larmes.
Tu pleures, cher Admètel
AD.AIÈTE.
Oui , mon cœur transporté...
ALCESTE