SCÈNE IL ANTIGONE, OEDIPE, ADMÈTE
admète.
Roi dont l'aftreux destin , l'âme forte et profonde , Sont en spectacle au ciel , servent d'exemple au monde , Criminel vertueux dont le front respecté Du trône et du malheur garde la majesté, Croirai-je qu'à ma cour acceptant un asyle, Vos jours vont s'achever dans un sort plus tranquille? Les dieux par un oracle en protègent le cours.
ir)2 OEDIPE CHEZ ADMÈTE.
OEDIPE
Je n'accepterai point leurs funestes secours.
ADMÈTE
Ils ont du moins pour vous signalé leur clémence.
OEDIPE
Mais ils ont sur Admète étendu leur vengeance.
ADMÈTE
Long-temps le trait fatal a resté suspendu.
- OEDIPE
J'arrive, je me montre, et Toracle est rendu. Pouviez- vous échapper au destin qui m'assiège ! De rivage en rivage avec moi pour cortège Je traîne le malheur, le deuil et le trépas. Le ciel maudit la terre où s'impriment mes pas. Ah ! loin de votre cour...
ADMÈTE
rs'irritez point ma peine Eu fuyant un asyle où le ciel vous amène.
OEDIPE
Quel asyle ! un palais que j'ai rempli d'effroi, Où des sujets en pleurs me demandent leur roi; Où bientôt tout son peuple, ému par mon approche, Viendra me prodiguer l'insulte et le reproche; Où les sanglots d'Alceste... Infortunés époux, Il manquait à mon sort de retomber sur vous ! Quel bonheur j'ai détruit I Votre père respire. Par les plus sages lois vous réglez votre empire, Alceste plaît sans crime à vos yeux innocents Vous pouvez sans remords embrasser vos enfants ; Ils sont votre espérance, et non votre supplice; Vous n'avez point pour fils un ingrat Polynice. Lorsqu'à votre bonheur tout semblait concourir, Admète, était-ce, hébs ! vou^qui deviez mourir?