‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 14 sur 489 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

NORCESTE, VOLTIMAND.

VOLTIMAND, sur le haut de la scène.

N'avancez pas , seigneur : le prince, furieux. De ses cris effrayants fait retentir ces lieux.

5o HAMLET.

Jamais dans ses transports il ne fut plus terrible : On dirait que d'un dieu la vengeance invisible Pour quelque grand forfait l'accable et le poursuit. Dans quel trouble mortel l'ai-je vu cette nuit! Mes bras l'ont arrêté fuyant dans les ténèbres , Tremblant, pâle , égaré, poussant des cris funèbres. Dans l'état déplorable où le destin l'a mis , Son œil peut-il encor distinguer ses amis !

NORCESTE.

IS'importe , permettez...

HAMLET, NORCESTE, VOLTIMAND.

HAMLET , dans la coulisse.

Fuis , spectre épouvantable j Porte au fond des tombeaux ton aspect redoutable.

VOLTIMAND.

Vous l'entendez.

Eh quoi ! vous ne le voyez pas !

Il vole sur ma tête, il s'attache à mes pas. Je me meurs.

NORCESTE.

Revenez d'une erreur si funeste ; Ouvrez les yeux, seigneur,* reconnaissez Norceste, Que sa tendre amitié conduit auprès de vous.

Ah ! Norceste , c'est toi ! Que cet instant m'est doux l 0 toi , le compagnon , l'ami de mon enfance , Combien mon cœur troublé désirait ta présence ! Je sens qu'à ton aspect ce cœur moins agité Retrouve un peu de force et de tranquillité. Que , pour moi , mon ami , ton retour a de charmes !

Page 1