‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 140 sur 489 · ALCESTE, ADMÈTE, PHÉNIX · texte numérisé non relu

ALCESTE, ADMÈTE, PHÉNIX

ALCESTE

Phénix vient. Ah ! calmez mon esprit éperdu ! Parlez : un autre oracle est-il enfin rendu?

PHÉNIX

Madame , il vient de l'être. Une foule éplorée Avait rempli le temple , en assiégeait l'entrée. Tous, comme une famille, embrassant les autels, Redemandaient leur roi, leur père, aux immortels. L'oracle h. répondu : « Séchez , séchez vos larmes ; « Vos cris des mains des dieux ont fait tomber les armes. « Votre prince vivra , mais pourvu qu'aujourd'hui « Quelqu'un du sang des rois s'offre à mourir pour lui. « Les dieux à ce trépas borneront leur vengeance. )> Tout retentit des cris de leur reconnaissance ;

Mais leurs cris, mais leur joie, en de si doux moments,

S'ëtoufient à demi sous leurs gëmissements.

Tous voudraient vous sauver, tous offriraient leur vie ;

Aux princes dans leurs cœurs ils portent tous envie.

Ils ne comprennent pas que ces princes jaloux

Ne se disputent pas à qui mourra pour vous.

Mes vœux sont exaucés.

Elle fait signe à Phénix de sortir. — Phénix sort.

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