ALCESTE, ADMÈTE, PHÉNIX
ALCESTE
Phénix vient. Ah ! calmez mon esprit éperdu ! Parlez : un autre oracle est-il enfin rendu?
PHÉNIX
Madame , il vient de l'être. Une foule éplorée Avait rempli le temple , en assiégeait l'entrée. Tous, comme une famille, embrassant les autels, Redemandaient leur roi, leur père, aux immortels. L'oracle h. répondu : « Séchez , séchez vos larmes ; « Vos cris des mains des dieux ont fait tomber les armes. « Votre prince vivra , mais pourvu qu'aujourd'hui « Quelqu'un du sang des rois s'offre à mourir pour lui. « Les dieux à ce trépas borneront leur vengeance. )> Tout retentit des cris de leur reconnaissance ;
Mais leurs cris, mais leur joie, en de si doux moments,
S'ëtoufient à demi sous leurs gëmissements.
Tous voudraient vous sauver, tous offriraient leur vie ;
Aux princes dans leurs cœurs ils portent tous envie.
Ils ne comprennent pas que ces princes jaloux
Ne se disputent pas à qui mourra pour vous.
Mes vœux sont exaucés.
Elle fait signe à Phénix de sortir. — Phénix sort.