ACTE IV, SCÈNE II I
ALCESTE
Arrête encor, barbare!
Peux-tu ne pas frémir du coup qui nous sépare? Je verrai donc , ô ciel I mes enfants malheureux , Inquiets, incertains , se regarder entre eux, Et , soupçonnant leur perte aux sanglots de leur mère , Par leurs cris innocents me demander leur père I Le ciel, ce juste ciel , daignera m'exaucer. Tu t'en vas aux autels, je cours t'y devancer. Si le trône est souillé, j'en expirai le crime. J'en crois mon cœur, les dieux , leur transport qui m'anime; Puisque le sang des rois doit calmer leur courroux , La majesté du trône est égale entre nous. Appelez mes enfants : je suis épouse et mère; Il faudra que le ciel s'entr'ouvre à ma prière.