ACTE II, SCÈNE VII. ofi
Il saisit leurs mains et les joint l'une dans l'autre. Aon , je ne cherche plus à me venger de vous. Au duc de Cornouailles , en lui A Régane , en lui montrant le duc montrant Régane. de Cornouailles.
Duc voilà ton épouse j — et voilà ton époux.
RÉGANE.
Qu'entends-je?
LÉAR
0 toi , nature , écoute ma prière I Redoutable nature, entends la voix d'un père ! A ce couple inhumain si jamais ta bonté Réservait les présents de la fécondité, Si leur hymen devait , fidèle à tes promesses , D'un enfant à ce monstre accorder les carresses , Trompe, trompe ses vœux, et suspends ton dessein -, Sèches-en l'espérance et le fruit dans son sein. Ou plutôt , pour former des ingrats dignes d'elle, Exauce en ta fureur les vœux de la cruelle! Que ton instinct vengeur lui fasse idolâtrer Un fils qui s'étudie à la désespérer, Qui tourne en ris moqueurs les soins de sa tendresse , Qui hâte sur son front les traits delà vieillesse, Qui la traîne au tombeau par de longues douleurs ; Et qu'alors elle apprenne , en dévorant ses pleurs , Qu'un serpent irrité, dans sa morsure horrible, Lance un dard moins aigu, moins brûlant, moins sensible, Que le supplice affreux d'avoir pu mettre au jour Des enfants scélérats qui trompent notre amour I
Au comte.
C'en est fait , mou ami, j'ai cessé d'être père.
RÉGAXE.
Seigneur!..
LÉ.iR.
Sortez.
LE DUC d' ALBANIE.
Seigneur!...
LÉAR
Sortez.
LE DUC D'ALBANIE
Quelle colère !
LE DUC DE CORNOU AILLES
Duc , nous apaiserons ce transport furieux.
LÉAR
Ingrats, je vous maudis, et voilà mes adieux.
Ils sortent tous , excepté Léar et le comte-