‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 187 sur 489 · ACTE III SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE III SCENE I

LE PRINCIPAL CONJURÉ

Quel destin pour un roi, quel tourment pour un père I

EDGARD

Ce n'est point ce tourment qui seul le désespère.

LE PRINCIPAL CONJURÉ

Helmonde est trop venge'e.

EDGARD

Hélas ! sur ses malheurs Helmonde est la première à répandre des pleurs ! Mais il est temps , amis , d'éclaircir ce mystère. C'est moi qui dans ces bois, respectant sa misère, L'ai confiée aux soins d'un vieillard ignoré Qui cherche en vain le nom d'un objet si sacré. Je n'ai point jusqu'ici voulu vous parler d'elle. L'amour seul du pays enflamma votre zèle. Mais ses pleurs , je l'avoue , avaient mis dans mon sein Et le germe et l'ardeur de mon noble dessein -, Enfin c'est elle ici dont le A^œu nous rassemble. Il n'a point fallu d'art pour nous unir ensemble : Nous nous cherchions l'un l'autre , et ce concert si grand Est un présage heureux de la mort d'un tyran. Ces forêts , cette nuit , ce ciel , tout nous seconde. Nous combattrons. Pour qui?PourLéar,pourHelmonde. Est-il quelqu'un de nous qui dans un tel danger Ne croie avoir son père ou sa sœur à venger ? Grands dieux I eu ce moment Léar verse des larmes. Défendez votre cause en protégeant nos armes! Nos jeunes cœurs sont purs -, nos bras vous sont soumis : Daignez les employer contre vos ennemis! C'est vous, c'est un vieillard, la bonté qu'on opprime. Le fer est préparé; livrez-nous la victime. Et, s'il nous faut mourir, que nos pères jaloux Gravent sur nos tombeaux : Ils sont dignes de nous . I. 23

"(Xi LE ROi LÉAR.

LE PRINCIPAL CONJURÉ

Enlre ses mains, amis, jurons d'être fidèles.

EDGARD

Suspendez ces serments et ces marques de zèle. Une autre a seule ici droit de les recevoir : Cette autre, c'est Helmonde, et vous allez la voir. Je m'en vais à l'instant vous la chercher moi-même.

Il court au fond de la caverne.

SCÉiN E II.

LÉNOX, UN PRINCIPAL CONJURÉ, UNE PARTIE DES CONJURÉS OU SOLDATS D'EDGARD.

LÉxox, en voyant Helmonde oui s'avance.

0 prodige ! ô vertu digne du diadème ! Oui , la terre et les cieux sont déclarés pour nous.

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