ACTE III
Le théâtre représente une forêt hérissée de rochers; dans le fond, une caverne , auprès de la (fuelle est un vieux cUèiie. Il est nuit. Le temps est disposé à un orage épouvantable.
SCÈ^E I.
EDGARD , LÉNOX, UN PRINCIPAL CONJURÉ , UNI- PARTIE DES CONJURÉS OU SOLDATS D'EDGARD.
EDGARD, aux conjurés , montrant Lénox.
Amis, oui, ce guerrier, ce Lénox, c'est mon frère. II aspire au bonheur de venger l'Angleterre. Le sang l'unit à moi , l'honneur l'unit à vous , Et son bras s'applaudit de combattre avec nous. Je vous l'avais prédit , Oswald vient de paraître. Il n'a qu'un seul moment entretenu son maître : Le tyran l'a soudain chargé d'ordres secrets ; Et c'est vous dire assez qu'il dicta des forfaits. Mais n'admirez-vous point comment parmi ces roches , Ces forêts , ces torrents, nous cachant ses approches , Cournouailles lui-même est venu nous chercher? Amis, le péril presse; il est temps d'y marcher. Ah ! qui n'avoûrait pas notre juste furie? Nous perdons un tyran, nous sauvons la patrie ; Nous replaçons au trône un prince infortuné Qu'à des pleurs dès long-temps sa fille a condamné.