‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 191 sur 489 · ACTE III, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE IV

EDGARD, à part.

A Helmonde.

0 ciel! N'en croyez pas ce qu'un vain bruit peut dire.

HELMONDE.

Eh! qui sait maintenant en quels lieux il respire, S'il est vivant encor, si Régane à son tour Ne l'a pas, sans pitié, chassé loin de sa cour.

Grand bruit de tonnerre avec des éclairs. Si c'était là son sort, héla si... Tonnerre, arrête! De Léar fugitif ne frappe point la tête! N'oubliez pas, grands dieux! que ce prince autrefois, Tandis qu'il a régné , fit respecter vos lois. Sur un faible vieillard défendez aux orages, Défendez aux hivers d'imprimer leurs outrages! Assoupissez des vents l'épouvantable voix! Je ne demande plus qu'il monte au rang des rois : Qu'il vive, c'est assez! Vers sa fidèle Helmonde Tournez , dans ces déserts , sa course vagabonde -, Pour lui faire oublier deux enfants trop ingrats , Que je puisse un moment le serrer dans mes bras! Je mourrai de plaisir, si je revois mon père.

EDGARD

Un grand coup de tonnerre avec des éclairs. Ah ! le ciel aux humains a déclaré la guerre : La terre est consternée et muette d'effroi.

HELIVIONDE.

Du moins, mon cher Edgard, vous êtes près de moi : Ah ! ne me quittez pas.

EDGARD

Dans cette humble retraite , Madame , un souterrain , sous sa voûte muette , Pendant cette tempête, est propre à vous cacher : La foudre et ses éclats n'en sauraient approcher; Votre œil d'un ciel brûlant n'y verra plus la flamme.

HELMONDE.

Ail I je frémis, Edgard.

Venez, rentrons, madame.

Que le tonnerre ébranle et la terre et les cieux , Votre rœur est trop pur pour rien craindre des dieux. Us se retirent dans la profondeur du souterrain.

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