‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 192 sur 489 · SCÈNE y · texte numérisé non relu

SCÈNE y

LÉAR, seiii.

On le voit de très loin , à la lueur des éclairs ,à travers les ariires de la forêt, seul, ëgaré, ft promenant sa vue avec douleur et inquiétude.

Je n'aperçois plus Kent. L'ombre épaisse et l'orage Ont égaré mes pas dans ce désert sauvage. Mon œil épouvanté le cherche... et je ne vol Que ce ciel menaçant prêt à fondre sur moi. Le tonnerre éclate , les éclairs embrasent l'horl/on , les vents sifflent^ la grêle lomhe sur la tê!e chauve et nue de Léar.

Redoublez vos efforts, cieux, tonnerre, tempête! Versez tous vos torrents , tous vos feux sur ma tête 1 Je n'en murmure pas , je la livre à vos coups : Léar n'a point le droit de se plaindre de vous. Exercez donc sur m.oi toute votre furie •, Frappez ce corps mourant, cette tête flétrie. Ce front mal défendu par quelques cheveux blancs Qu'au gré de leurs combats se disputent les vents; ^"y voyez plus la place oîi fut mon diadème. Sans pouvoir de mon sort accuser que moi-même, ?>le voici sous vos coups humblement incliné. Dans ces vastes forêts sans guide abandonné , Privé du tendre ami qui suivait ma misère, Glacé par vos frimas, resté seul sur la terre,

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