‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 199 sur 489 · ACTE III, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VIII

LE COMTE

Mon roi, c'est votre Helrnonde. Ah ! revenez à vous. Sentez, sentez ses mains qui pressent vos genoux.

LÉAR , égaré.

De qui me parles-tu ?

LE COMTE

D'un objet plein de charmes , Qui vous plaint , vous chérit , vous baigne de ses larmes, De votre fille.

LÉAR , repoussant Helrnonde avec horreur. 0 ciel!

HELMONDE.

Il ne me connaît plus.

LÉAR , à part.

On nous a découverts ; nous sommes tous perdus.

A Helrnonde.

Sais-tu mon nom?

HELMONDE.

Lear.

LÉAR

Que m'es-tu?

HELMONDE.

Votre fille.

LÉAR, toujours égaré.

Croyant la voir.

Qu'on la charge de fers. Avancez , Volnérille.

S'adressant à Volnérille et à Croyant voir Régane Régane, qu'il croit voir.

Vous , Régane , approchez. — Me reconnaissez-vous ? Qui vous donna le jour, votre sceptre, un époux?

A Helrnonde , croyant voir Volnérille.

Et toi , qui contre Helrnonde excitas ma vengeance. Devant moi sans pitié tu traînas l'innocence. Il va pour la saisir.

Il est temps...

HELMOXDE.

Arrêtez !

LÉAR

Plus de pardon.

HELMONDE.

0 cieux!

LÉAR , en la saisissant.

Je te traîne à ton tour au tribunal des dieux :

Les voilà tous assis pour juger des perfides.

LE COMTE

Oubliez, s'il se peut, des enfants parricides.

LÉAR

Qui , moi , les oublier ! Dieux , jugez entre nous I Les accusés tremblants sont ici devant vous. J'atteste avec serment , par ces raains paternelles , Que toujours dans mon cœur je portai les cruelles. Vous auriez dû donner à ces monstres affreux Quelque enfant meurtrier qui m'aurait vengé d'eux. Eclatez , il est temps -, c'est moi qui vous implore : Ne craignez pas pour eux que le sang parle encore j Pour lancer votre arrêt , pour diriger vos coups, Sur vos trônes sacrés je m'assieds avec vous.

LE COMTE

Leur pitié quelquefois les porte à la clémence. LÉAR.

Ah! je n'étais pas né pour aimer la vengeance.

HELMONDE , au comte.

Si j'osais lui parler?

Ah 1 son cœur surchargé A bosoin par des pleurs d'être enfin soulagé. Ne troublez point leur cou; s.

LÉAR

Il s'assied fur un débris de rocher.

Régane, Volnérille,

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