‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 219 sur 489 · LE DUC DE CORNOUAILLES , RÉGANE, HELMONDE, GARDES · texte numérisé non relu

LE DUC DE CORNOUAILLES , RÉGANE, HELMONDE, GARDES

LE DUC

Madame , à notre aspect, votre cœur agité Conçoit par ses complots ce qu'il a mérité : S'il se sent criminel j il sait ce qu'il redoute.

Vous êtes tout-puissant : je dois frémir sans doute; Mais , quel que soit mon sort , j'ai rempli mon devoir. Il n'est plus qu'un malheur qui me puisse émouvoir : Je sens s'ouvrir mon âme aux plus vives alarmes.

3o4 I E ROI LEAR.

Et ce n'est pas sur moi que je verse des larmes. Hélas I soDgez du moins, quand je m'offre à vos coups, Qu'un vieillard vous implore , et tombe à vos genoux 5 II y courbe , en tremblant , sa tête paternelle. Souffrez que , sans témoins , à sa douleur fidèle, Dans mes bras quelquefois il puisse s'attendrir. Et , déjà dans la tombe , achever d'y mourir. A la même pitié je ne dois pas prétendre ; Mais si le sang aussi pour moi se fait entendre , Ne m'ôtez pas, ma sœur, ( leur terme n'est pas loin ) Quelques jours malheureux dont mon père a besoin. Quand il ne sera plus , tranchez soudain ma vie : Sans crainte alors...

RÉGANE.

De tout je veux être éclaircie.

HELMONDE.

Que me demandez- vous ?

LE DUC

Par quels moyens , pourquoi Le bras de mes sujets s'est-il levé sur moi ?

HELMONDE.

Hélas!...

LE DUC

Parlez, madame.

RJÊGANE.

Où donc est ce courage Qui d'un père opprimé devait venger l'outrage? Ce cœur si généreux l'a-t-il déjà perdu?

HELMONDE.

S'il m'avait pu trahir, vous me l'auriez rendu.

Ri;GANE.

Il est plus d'un secret dont il faut nous instruire 5 Et dans de tels forfaits...

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