SCÈNE II
FRÉDEGONDE, MALCOME, SÉVAR , TROUPE DE MONTAGNARDS, LOCLIN.
FRÉDEGONDE.
C'est toi , brave Loclin !
Peins-moi de mon époux les exploits et la gloire.
LOCLIN.
Moi-même en les voyant j'avais peine à les croire.
Au milieu des forêts, des arbres renversés ,
Parmi des monts , des rocs, des débris entassés ,
Le coupable Cador , fier de tant d'avantages ,
Par un mépris superbe insultait nos courages.
Amis, nous dit Macbeth , le fer est dans vos mains,
Et parmi ces remparts vous cherchez des chemins!
Est-il quelqu'un de vous que le péril étonne?
Nous allons à Duncan rendre enfin la couronne,
Sauver notre pays. Mais, sans trop nous flatter.
Si la victoire est belle, il faudra l'acheter.
Eh ! ne seriez- vous plus ces Ecossais terribles ,
Dévoués à vos rois, à leur malheur sensibles ,
Les amis de Macbeth , et volant aux combats
Tels que l'aigle orgueilleux qui naît dans nos climats?
Il s'élance à ces mots , et notre ardeur guerrière
Déjà de cent rochers a franchi la barrière.
Il nous voit , l'œil en feu , par la fougue emportés ,
Criant, Vive Macbeth , combattre à ses côtés.
La terre en un instant a rougi de carnage.
Chacun des deux partis montre un égal courage :