ACTE II, SCENE III
SÉVAR.
Tu ne l'accuses pas d'être injuste et sévère?
MALCOME.
Eh! quel prince pourrais-je envier sur la terre? Qu'on lui donne mon arc : nous verrons si sa main Aux monstres des forêts lance un coup plus certain. Je vis libre et caché j toou âme est calme et pure : Connais-tu quelque sort plus doux dans la nature?
SÉVAR.
Le sceptre de l'Ecosse > avec tous ses appas, S'il pouvait t'être offert, ne t'éblouirait pas?
MALCOME.
Qui âuis-je pour régner ! Grâce au ciel, ma naissance Me sauve des dangers de la toute-puissance. Hélas! si Donalbain fût né dans ce séjour, Donalbain, plus heureux, verrait encor le jour. 0 loi qui me fis naître, et de qui la sagesse Par le plus digne exemple instruisit ma jeunesse , J'en atteste les dieux , oui , selon mon désir , S'ils me laissaient un père et mon sort à choisir , S'ils m'offraient à l'instant , avec le diadème. L'honneur de devenir le fils de Duncan même : Rendez-moi , leur dirais-je, à mes déserts borné , Le père vertueux que vous m'avez donné.
SÉVAR, à part.
Faut- il que le devoir me condamne à le rendre I On entend un bruit d'instruments de guerre. MALCOME.
Quel noble bruit , mon père , ici se fait entendre ?
SÉVAR.
C'est Macbeth qui revient, le front ceint de lauriers.
MALCOME.
Mon cœur frémit de joie. Oui , voilà ses guerriers.
542 MACBETH