ACTE II, SCÈNE IX. 55ï
Tu ne veux, je le vois qu'échapper à la gloire. Jamais l'ambition ne corrompra ton cœur.
MACBETH
Je mets à vous servir mes vœux et mon bonheur.
DUNCAN
Ah ! tu dois être heureux.
MACBETH
J'ai trop sujet de l'être.
DUXCAX.
Les méchants quelquefois ont l'art de le paraître. Vous avez un enfant : sans doute il est chéri.
FKÉDEGOXDE.
C'est le fruit de mon sein; c'est moi qui l'ai nourri.
MACBETH
Seigneur, vous soupirez !
DUXCAX.
Hélas ! il me rappelle...
Mon cherfils... Donalbain , qu'une main trop cruelle... Dis , te fais-tu, Macbeth, cet horrible tableau? Massacrer de sang-froid un enfant au berceau!
MACBETH
Ah , dieux !
FRÉDEGOXDE.
Venez, seigneur : par ses charmes paisibles Le sommeil va chasser ces images terribles. Sous ces murs , près de nous , venez vous reposer.
DUXCAN'.
La fatigue et la nuit semblent m'y disposer.
A part.
Pour moi d'un long sommeil l'heure à grand pas s'avance.
MACBETH
Il est terrible au crime , et doux à l'innocence.
DUXCAN.
Ah ! qui vit sans remords , Macbeth , ne le craint pas.
552 MACBETH
En s'ariêlaiit.
Voilà donc les drapeaux conquis dans ses combats ! Ils ont coûté du sang. . .
GLA3IIS.
Ils prouvent sa victoire.
Je rends grâce à Glamis , il prend part à ma gloire.
DUNXAN.
Il t'aime , cher Macbeth... A mon réveil demain J'ai d'importants secrets à verser dans ton sein.
MACBETH
Que toujours sur ma foi mon souverain s'assure.
DUXCAN.
Mon bonheur est bien grand. Que faut- il que j'augure? En entrant sous ces murs, en avançant vers vous, J'ai cru , mes chers amis, sentir un air plus doux. Des oiseaux fortunés, volant sur mon passage, D'un repos enchanteur m'offraient l'heureux présage. Le ciel m'a délivré d'un noir pressentiment.
FRÉDEGONDE.
Il n'est plus d'ennemis pour vous dans ce moment. Vous ne redoutez point les embûches d'un traître.
DIWCAN.
Non, ce n'est point ici-, mais le ciel est le maître. Macbeth et Frédegonde conduisent Duncan dans son appartement.
FIN DU SECOND ACTE