‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 253 sur 489 · ACTE III, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE II

MACBETH, moiitrant la chambre où couche Glamis. Il est là. Duncau , dans ses bontés, Permet que l'insolent repose à ses côtés. Je devrais...

Je le sais : oui, sa coupable envie Sans votre sang, Macbeth, ne peut être assouvie. Sa fureur quelque jour sur votre fils et moi...

MACBETH

Pour frapper ce grand coup il n'est pas encor roi.

FRÉDEGOXDE.

Il le sera bientôt.

MACBETH

Frédegonde !... peut-être.

Nolfock m'a prévenu des complots de ce traître. Il allait m'informer par quels adroits discours Il rend suspects au roi mon zèle et mes secours : Interrompu soudain....

FRÉDEGOXDE.

Va, je peux t'en instruire 5 Ce qu'il ne t'a pas dit, je saurai te le dire. Macbeth . ton cœur se trouble , il a peine à porter Le poids d'un grand dessein qui semble t'agiter. Que méditeriez-vous?... Répondez-moi, vousdis-je!

MACBETH

Je ne médite rien.

FRÉDEGONDE.

Quelque soin vous afflige.

Peut-être votre songe occupe votre esprit.

MACBETH

Je pense quelquefois à ce qu'il m'a prédit.

FRÉDEGOXDE.

Vous n'auriez pas reçu de funeste nouvelle?

MACBETH

Une lettre est vçnue.

FRÉDEGONDE.

Eh bien ! qu'annonce-t-elle '^

MACBETH

Je ne la lirai point.

FRÉDEGONDE.

Par quels motifs secrets Négligez-vous, seigneur, de si grands intérêts?

MACBETH

Il est des jours d'ennui, d'abattement extrême.

Où l'homme le plus ferme est à charge à lui-même.

Pendant l'accès mortel de nos profonds dégoûts.

Que le temps qui s'enfuit marche à pas lents pour nous !

De noirs pressentiments notre âme embarrassée

Soulève un poids fatal dont elle est oppressée.

Que cette nuit est longue !

FRÉDEGONDE.

Eh ! que ne songez-vous A tout ce que le sort a déjà fait pour vous ? Il a de vous pourtant rapproché la couronne.

Rien n'est contraire encore à l'espoir qu'il me donne. Le reste m'est caché.

FRÉDEGONDE.

Mais enfin je ne voi Que trois princes , Macbeth , entre vous et le roi. Qui sait si le destin...

MACBETH

Vain doute où je me plonge !

Si l'avenir pourtant justifiait mon songe ! Je ne sais quel espoir me flatte et m'en répond.

FRÉDEGONDE.

A ce premier oracle ose enjoindre un second.

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