ACTE III, SCENE II
MACBETH, moiitrant la chambre où couche Glamis. Il est là. Duncau , dans ses bontés, Permet que l'insolent repose à ses côtés. Je devrais...
Je le sais : oui, sa coupable envie Sans votre sang, Macbeth, ne peut être assouvie. Sa fureur quelque jour sur votre fils et moi...
MACBETH
Pour frapper ce grand coup il n'est pas encor roi.
FRÉDEGOXDE.
Il le sera bientôt.
MACBETH
Frédegonde !... peut-être.
Nolfock m'a prévenu des complots de ce traître. Il allait m'informer par quels adroits discours Il rend suspects au roi mon zèle et mes secours : Interrompu soudain....
FRÉDEGOXDE.
Va, je peux t'en instruire 5 Ce qu'il ne t'a pas dit, je saurai te le dire. Macbeth . ton cœur se trouble , il a peine à porter Le poids d'un grand dessein qui semble t'agiter. Que méditeriez-vous?... Répondez-moi, vousdis-je!
MACBETH
Je ne médite rien.
FRÉDEGONDE.
Quelque soin vous afflige.
Peut-être votre songe occupe votre esprit.
MACBETH
Je pense quelquefois à ce qu'il m'a prédit.
FRÉDEGOXDE.
Vous n'auriez pas reçu de funeste nouvelle?
MACBETH
Une lettre est vçnue.
FRÉDEGONDE.
Eh bien ! qu'annonce-t-elle '^
MACBETH
Je ne la lirai point.
FRÉDEGONDE.
Par quels motifs secrets Négligez-vous, seigneur, de si grands intérêts?
MACBETH
Il est des jours d'ennui, d'abattement extrême.
Où l'homme le plus ferme est à charge à lui-même.
Pendant l'accès mortel de nos profonds dégoûts.
Que le temps qui s'enfuit marche à pas lents pour nous !
De noirs pressentiments notre âme embarrassée
Soulève un poids fatal dont elle est oppressée.
Que cette nuit est longue !
FRÉDEGONDE.
Eh ! que ne songez-vous A tout ce que le sort a déjà fait pour vous ? Il a de vous pourtant rapproché la couronne.
Rien n'est contraire encore à l'espoir qu'il me donne. Le reste m'est caché.
FRÉDEGONDE.
Mais enfin je ne voi Que trois princes , Macbeth , entre vous et le roi. Qui sait si le destin...
MACBETH
Vain doute où je me plonge !
Si l'avenir pourtant justifiait mon songe ! Je ne sais quel espoir me flatte et m'en répond.
FRÉDEGONDE.
A ce premier oracle ose enjoindre un second.