‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 270 sur 489 · ACTE IV, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE VIII

Ce palais par la nuit va bientôf s'obscurcir : Voyons quels meurtriers, quels bras je dois choisir. Tout est prévu. Régnons. Je sais ce qu'il faut faire. N'en délibérons plus : le fils suivra le père. Nul péril, nul tourment ne saurait m'étonner; Je n'en connais qu'un seul , c'est de ne pas régner. Ce n'est pas à demi qu'on aime un diadème. Songe à Duncan , Macbeth : je suis encor la même. Entre le trône et toi s'il faut me décider, C'est le plus cher des deux que je prétends garder. Mais qu'a dit ce vieillard avec son air farouche ? Quel prophétique arrêt est sorti de sa bouche? Dans mon fils , a-t-il dit , le ciel doit justement Placer ma récompense , ou bien mon châtiment. Ah! si mon fils... Grands dieuxiquel est donc ce mystère? Que m'annoncent ces mots? « Va, le ciel te fit mère. » Je ne sais , mais je tremble, et crois , dans ma terreur, Qu'un poignard invisible est entré dans mon cœur... Vain effroi , taisez-vous ! Je rendrais la couronne ! Allons , que le coup parte avant qu'on le soupçonne. Sceptre, par un forfait je veux te conserver; Et s'il y faut mon bras, je saurai l'achever.

FIN DU QUATRIEME ACTE

578 MACBETH

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