ACTE V, SCÈNE X. 58r
Que ce lils tant de fois pressé dans son berceau Pour le rougir encor reprenne un sang nouveau ; Qu'elle brise en mourant ce berceau qu'elle abhorre , Et descende aux enfers pour l'y trouver encore I
MACBETH
Guerriers ! je l'avoùrai, recherchant ma vertu,
Avant de m'accuser, j'ai long-temps combattu -,
Enfin j'ai triomphé. Compagnons de ma gloire,
JN''oubliez pas du moins ma dernière victoire!
Je sens que, malgré vous, loin d'un monstre odieux ,
Avec horreur, mépris , vous détournez les yeux ;
Mais le ciel seul me reste , et c'est lui que j'implore.
Oui , ma tête vers lui peut se lever encore.
Depuis que j'ai moi-même avoué son trépas ,
Duncan ne revit plus , il n'est plus sur mes pas.
Ces mains m'épouvantaient , je souffre leur présence;
Je n'osais plus prier, j'ai trouvé l'espérance.
Ciel ! tu m'as pardonné , tu calmes mon effroi -,
L'aveu qui me confond m'élève jusqu'à toi-,
Je me couvre à tes yeux du remords de mon crime •,
Il épure , il consacre , il pare ta victime.
Daigne accepter mon sang , qui demande à couler,
Et permets que mon bras te la puisse immoler.
Il se tue.
FIN DU CINQUIÈME ET DERNIER ACTE
DE