‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 296 sur 489 · ACTE II, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III

Vous sauver tous les trois.

CONSTANCE

Qu'entends-je! Puis-je craindre Que si long-temps , hélas ! vous consentiez à feindre ? Par de cruels devoirs à votre état lié , Vous êtes donc encor sensible à la pitié ?

HUBERT

Ne suis-je pas un homme?

CONSTANCE

Ah I jamais sur la terre Les tyrans n'éteindront ce sacré caractère. Avec ce sentiment, hélas I tout cœur est né-, • L'homme gémit partout sur l'homme infortuné.

KERMADEUC

Comment nous échapper de cette tour funeste?

HUBERT

J'y commande, il suffit. Je me charge du reste,

Ah ! plaignez les terreurs d'un vieillard consterné. Que vos rares bienfaits ont d'abord étonné. Oui , vous allez sans doute achever votre ouvrage. Pourtant, si vous vouliez m'en donner quelque gage, Si vous sentiez combien dans ce cœur palpitant S'irrite le désir d'embrasser mon enfant !

HUBERT

Aon. Je vous ai compris. Perdez cette espérance.

CONSTANCE , has, à Kermadeuc.

Sa voix m'a fait frémir. Que faut-il que je pense?

A Huhert.

Puis-je au moins dire un mot , et vous interroger ? Êtes-vous père?

HUBERT

Moil ce nom m'est étranger.

3o JE AN-S ANS-TERRE.

CONSTANCE , à part.

Je n'en obtiendrai rien.(//a?<^)Du moins, si votreadresse M'aidait à soulager le vœu de ma tendresse I Un moment , sous ce voile , immobile témoin , Si je pouvais le voir et l'entendre de loin ! Ce bonheur sur mes maux répandrait quelques charmes; Je me dirais du moins , en répandant des larmes : Je suis donc mère encor ! c'est mon fils que je vois; Voilà son air, son port , et son geste, et sa voix. Hélas ! vous méritiez sans doute d'être père. Sa prison n'est pas loin. Vous voyez, je suis mère. Oh I daignez seulement ne pas me le cacher. Me refuserez- vous I

HUBERT

Je vais vous le chercher.

Il SOI t.

Page 1